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  • What Influences Our Media Use?

    Qu’est-ce qui influence notre utilisation des médias? Utilisation excessive d’Internet Penny Mon 17/08/2026 - 11:26 Les recherches d’HabiloMédias montrent qu’en moyenne, les jeunes Canadiens passent une à deux heures par jour à utiliser des appareils numériques les jours de semaine, sans compter le temps d’utilisation à des fins scolaires, et plus de trois heures par jour la fin de semaine[1]. Le temps d’écran moyen en semaine se situe donc tout juste dans la fourchette recommandée par le Groupe de travail sur la santé numérique de la Société canadienne de pédiatrie, alors que le temps d’écran de fin de semaine la dépasse[2]. D’autres recherches ont révélé que plus du tiers des jeunes Canadiens, soit 37 %, dépassaient les recommandations relatives au temps d’écran en 2023[3]. Il existe toutefois souvent des écarts importants entre le temps que l’on croit consacrer aux médias et celui que l’on y consacre réellement[4].Notre perception du temps que les autres, notamment nos enfants, passent à utiliser les médias est également souvent faussée. Si de nombreux parents ont eu l’impression que l’utilisation des médias par leurs enfants avait considérablement augmenté au début de la pandémie de COVID-19, les recherches ont montré qu’elle n’avait augmenté que de 17 %. « Ce qui a changé, c’est que les parents ont vu à quel point leurs enfants utilisaient les écrans, parce qu’ils étaient à la maison avec eux. Et ce qui a réellement augmenté, c’est la fréquence et l’intensité des disputes entre parents et enfants au sujet du temps d’écran pendant la pandémie[5]. »L’utilisation des médias par les autres influence également la nôtre : les enfants sont plus susceptibles de respecter les recommandations relatives au temps d’écran lorsque leurs parents passent eux-mêmes moins de temps devant les écrans[6]. Il est toutefois faux de croire que les personnes travaillant dans le secteur des technologies, y compris les fondateurs ou les propriétaires d’entreprises de médias sociaux, sont moins susceptibles de permettre à leurs enfants d’utiliser les médias[7]. Les habitudes d’utilisation des médias peuvent s’établir très tôt. Les enfants d’un an qui passent plus de deux heures par jour devant un écran sont deux fois plus susceptibles de dépasser quatre heures d’écran par jour à l’âge de huit ans que ceux qui n’y consacraient aucun temps, soit 44 % contre 19,5 %[8].Les jeunes, comme les adultes, choisissent d’utiliser les médias pour de nombreuses raisons, lesquelles varient souvent selon le média ou la plateforme. Par exemple, les jeunes sont plus susceptibles de dire qu’ils utilisent TikTok pour se divertir et Snapchat pour rester en contact avec leurs amis et leur famille[9]. Les enfants jouent sur des appareils numériques pour toutes sortes de raisons, notamment pour :développer leur maîtrise et leur sentiment de contrôle;collectionner et classer;socialiser et créer des liens;faire preuve d’empathie et prendre soin des autres;gérer leurs émotions et leur humeur;explorer et stimuler leurs sens;créer;explorer et exprimer leur identité.Par exemple, les enfants apprécient différents aspects des jeux The Legend of Zelda, qu’il s’agisse de développer leur maîtrise du jeu, d’en discuter avec d’autres joueurs hors ligne ou de prendre soin des chevaux montés par les personnages[10].Les adolescents se tournent souvent vers les médias, notamment les médias sociaux et les communautés en ligne, pour construire leur propre identité et se différencier progressivement de leur famille[11] : « L’individuation consiste à trouver un équilibre entre le fait de se détacher de ses parents et celui de rester proche d’eux. D’un côté, les préadolescents doivent découvrir qui ils sont indépendamment de leurs parents, ce qui exige un certain degré de séparation. Ils commencent à passer davantage de temps avec leurs pairs, remarquent les symboles, les tendances et les mèmes présents dans la culture populaire, puis adoptent certains de ces éléments comme des facettes de leur propre identité. D’un autre côté, cette séparation d’avec les parents est loin d’être totale[12]. »Le besoin de rester en contact avec leurs pairs constitue une autre motivation. Comme l’explique la psychologue Lisa Damour, « ce n’est pas la technologie qui captive les adolescents, mais les pairs avec qui elle leur permet de communiquer[13] ». Comme les enfants plus jeunes, les adolescents utilisent souvent les médias pour se divertir ou s’informer. La recherche d’inspiration, l’expression de soi et le désir d’être vus par les autres figurent également parmi leurs motivations fréquentes[14]. L’une des principales raisons pour lesquelles les adolescents utilisent les médias sociaux, et l’une des raisons les plus courantes pour lesquelles ils souhaitent garder un appareil connecté dans leur chambre, est :« l’obligation d’être toujours disponibles et prêts à répondre aux messages le plus rapidement possible… [Pour certains,] le non-respect de ces attentes sociales pouvait provoquer des émotions très négatives, certains adolescents affirmant qu’ils se sentiraient alors coupables ou anxieux. Ainsi, dans de nombreux cas, le besoin perçu d’être “toujours connectés” peut priver les adolescents d’un sentiment d’agentivité ou de contrôle. Même lorsqu’ils souhaitent se déconnecter et dormir, de fortes pressions sociales peuvent les en empêcher. Ces pressions ont un double effet : elles retardent l’heure du coucher et maintiennent les adolescents dans un état de stimulation accrue une fois au lit[15]. »À un âge où les relations entre pairs priment sur tout le reste, « être constamment connecté, ou du moins toujours disponible, constitue une condition de base pour préserver des amitiés auxquelles ils tiennent. Les adolescents craignent donc que leur indisponibilité ne compromette la proximité de ces relations[16]. »Bien que le temps d’écran puisse remplacer des activités auxquelles on souhaite que les jeunes participent, comme le jeu actif et autonome ou les interactions sociales en personne, celles-ci ne leur sont pas nécessairement accessibles ou attrayantes[17]. Des études réalisées dans des villes canadiennes ont montré que la présence d’espaces de jeu pour les enfants dans un quartier, la sécurité des déplacements à pied, l’accès à des milieux naturels ainsi que le fait que les parents connaissent leurs voisins et leur fassent confiance ont tous une incidence sur la probabilité que les enfants jouent activement à l’extérieur[18]. « Les tiers-lieux adaptés aux enfants sont particulièrement importants parce qu’ils favorisent le jeu spontané et autonome, sans les contraintes de règles rigides ou de programmes structurés Les recherches montrent que les enfants qui grandissent dans des quartiers marginalisés ont souvent le moins accès à des possibilités de jeu sécuritaires, spontanées et axées sur la nature, alors qu’ils pourraient être ceux qui en tireraient le plus de bienfaits[19]. »Si de nombreux quartiers disposent de certains de ces « tiers-lieux » adaptés aux enfants, comme des bibliothèques, des parcs, des terrains de jeu et des jardins communautaires, la plupart des adolescents n’ont plus accès à des espaces comparables, sauf en ligne. À un âge où ils ont besoin d’avoir plus d’indépendance et d’autonomie, les adolescents sont, dans le monde hors ligne, « soumis à plus de dix fois plus de restrictions que les adultes ordinaires, à deux fois plus de restrictions que les Marines en service actif et même à deux fois plus de restrictions que les personnes incarcérées[20] ». Par exemple, l’adolescent américain moyen de 13 ans n’est autorisé à marcher ou à faire du vélo sans supervision qu’à un demi-kilomètre de son domicile. Même à 17 ans, cette distance n’atteint qu’un peu plus d’un kilomètre et demi[21].Il arrive toutefois assez souvent qu’on utilise les médias non pas par choix, mais par habitude. Ces habitudes peuvent nous amener à utiliser certaines applications ou certains appareils à des moments précis ou dans certaines situations, par exemple entre deux activités ou pendant de courtes périodes où l’on n’a rien à faire. Elles peuvent également prendre la forme d’« habitudes motrices », comme balayer l’écran ou toucher une partie précise de celui-ci[22]. Certains moments de la journée, certains événements récurrents et certaines émotions, en particulier l’ennui, peuvent déclencher nos habitudes médiatiques[23] et nous amener à adopter automatiquement certains comportements. L’utilisation des médias accompagne souvent d’autres habitudes. On est ainsi plus susceptible d’utiliser des applications sans y penser lorsqu’on accomplit d’autres activités routinières, comme suivre à pied un trajet qu’on emprunte quotidiennement[24]. Une fois qu’une habitude médiatique est établie, elle risque de se renforcer chaque fois qu’elle est « déclenchée » par l’ennui, le stress ou la procrastination[25].Bien que n’importe quel média puisse finir par être utilisé par habitude, de nombreux appareils et applications sont expressément conçus pour favoriser la formation d’habitudes. Ils sont faciles à utiliser, ce qui réduit la « friction », et fournissent des rétroactions positives, mais imprévisibles. Le défilement infini du contenu en constitue un exemple souvent cité : « La plupart des plateformes de médias sociaux présentent leur contenu au moyen d’un défilement ou d’un affichage progressif de quelques publications à la fois. Les publications particulièrement gratifiantes qui éveillent l’intérêt des utilisateurs sont intégrées à un ensemble de publications moins gratifiantes Le défilement constitue donc un mode de distribution des récompenses susceptible de favoriser la formation d’habitudes d’utilisation des médias[26]. » Ces applications peuvent ainsi créer des habitudes très rapidement. Des recherches internes menées par TikTok ont montré que les utilisateurs pouvaient prendre l’habitude d’utiliser la plateforme après avoir visionné seulement 260 vidéos, ce qui pouvait ne prendre que 36 minutes[27]. De nombreuses applications destinées aux jeunes enfants utilisent également diverses fonctionnalités pour les inciter à prolonger leur utilisation. Des personnages peuvent, par exemple, leur demander de continuer à jouer ou protester lorsqu’ils tentent de quitter l’application. Des notifications ou des récompenses peuvent aussi les encourager à utiliser l’application tous les jours[28].Cependant, plus une personne utilise une application longtemps, moins ces fonctionnalités exercent d’influence et plus son utilisation est déterminée par la simple habitude[29], parfois au point « d’ouvrir et de fermer des applications sans but apparent[30] ». Même si ces fonctionnalités n’ont pas toutes été initialement conçues pour créer des habitudes, les entreprises technologiques connaissent leurs effets. Des documents rendus publics à la suite de poursuites judiciaires révèlent « une tendance récurrente : des employés étudient les préjudices potentiels liés aux plateformes et recommandent à leurs supérieurs de faire preuve de prudence, mais ceux-ci finissent par passer outre[31] », les adolescents étant considérés comme un public trop important pour risquer de les perdre[32].Les notifications illustrent bien l’interaction entre la conception des plateformes et les habitudes. Bien qu’elles soient clairement conçues pour favoriser la formation d’habitudes, elles ne sont à l’origine que d’une interaction sur dix avec un téléphone[33]. Elles peuvent toutefois nous amener à passer à d’autres applications après avoir consulté ou déverrouillé notre appareil[34].Le temps consacré à certaines activités médiatiques, comme les médias sociaux, semble être en diminution[35]. Certains éléments indiquent également que les jeunes prennent de plus en plus de mesures pour reprendre le contrôle de leur utilisation des médias. Près des deux tiers des jeunes de la génération Z, soit 63 %, choisissent de se « déconnecter » des médias au moins de temps à autre, une proportion supérieure à celle de toutes les autres générations[36]. Par ailleurs, le nombre de jeunes de 12 à 15 ans choisissant de faire des pauses numériques est passé de 18 % à 40 % entre 2022 et 2025[37]. Le nombre d’élèves ontariens déclarant utiliser les médias sociaux cinq heures ou plus par jour a quant à lui diminué d’un tiers entre 2021 et 2023, passant de 31 % à 23 %[38]. Lorsque les jeunes doivent classer leurs activités préférées, « jouer avec leurs amis ou passer du temps avec eux », « passer du temps en famille », « faire du sport » et « passer du temps avec leurs animaux » obtiennent un classement comparable à celui de la télévision, des films ou des médias sociaux[39].[1] HabiloMédias. (2022). Jeunes Canadiens dans un monde branché, Phase IV : La vie en ligne. HabiloMédias. Ottawa.[2] Ponti, M., et Groupe de travail sur la santé numérique de la Société canadienne de pédiatrie. (2023). Le temps d’écran et les enfants d’âge préscolaire : la promotion de la santé et du développement dans un monde numérique. Paediatr Child Health, 28(3), 193-202. https://cps.ca/fr/documents/position/le-temps-decran-et-les-enfants-dage-prescolaire[3] Brunton, C., Boco, E., Facette, T., et Pinault, L. (2026). Le temps d’écran a-t-il une incidence sur les jeunes? Étude longitudinale sur le temps passé devant un écran et le bien-être. Statistique Canada.[4] Molaib, K. M., Sun, X., Ram, N., Reeves, B., et Robinson, T. N. (2025). Agreement between self-reported and objectively measured smartphone use among adolescents and adults. Computers in Human Behavior Reports, 17, 100569.[5] Rich, M. (2026, 4 février). Problematic Interactive Media Use (PIMU): The Next Pandemic or the "Next Normal"? [Communication]. Identifying and Addressing Problematic Interactive Media Use, Boston Children’s Hospital. Virtuel. [traduction][6] Lampard, A. M., Jurkowski, J. M., et Davison, K. K. (2013). The family context of low-income parents who restrict child screen time. Childhood Obesity, 9(5), 386-392.[7] Leloup, D. (2025). Les patrons de la tech qui ne mettent pas leurs enfants devant des écrans, une légende urbaine. Le Monde.[8] Teague, S., et al. (2026). Associations Between Infant Screen Exposure and Media Use at Age 8 Years.[9] Faverio, M., Park, E., et Gottfriend, J. (2026). Teens’ Experiences on TikTok, Instagram and Snapchat. Pew Research Center.[10] Scott, F., Chesworth, L., Kontovourki, S., Murcia, K., Murris, K., Balnaves, K., ... et Trzebiatowski, C. (2025). ‘I just go headbutt a tree or something’: Children’s contextualised digital play drivers and subjective well-being in the United Kingdom, South Africa, Australia and Cyprus. New Media & Society, 14614448251406245.[11] Rich, M. (2026, 4 février). Problematic Interactive Media Use (PIMU): The Next Pandemic or the "Next Normal"? [Communication]. Identifying and Addressing Problematic Interactive Media Use, Boston Children’s Hospital. Virtuel.[12] Davis, K. (2023). Technology’s Child: Digital Media’s Role in the Ages and Stages of Growing Up. MIT Press. [traduction][13] Damour, L. (2020). Under Pressure: Confronting the Epidemic of Stress and Anxiety in Girls. Ballantine Books. [traduction][14] van der Wal, A., Valkenburg, P. M., et van Driel, I. I. (2024). In Their Own Words: How Adolescents Use Social Media and How It Affects Them. Social Media + Society, 10(2), 20563051241248591.[15] Etchells, P. (2024). Unlocked: The Real Science of Screen Time (and How to Spend It Better). Piatkus. [traduction][16] Weinstein, E., et James, C. (2021). Behind Their Screens. [traduction][17] Harley, S. (2026). After High School Exercise Collapses for One in Three Young Adults as Screens and Disinterest Take Over. The GIST.[18] Gemmell, E., Cavenaugh, A., Brussoni, M., Guhn, M., Andrade-Rivas, F., Imon, I., et Brauer, M. (2026). Development and application of a geospatial index of urban playability for young children. Cities, 170, 106642.[19] Ozlem, C., Papin, M., et Hashmi, S. (2025). Kids Need to Play—and How Cities Are Designed and Resourced Affects Their Access. The GIST. [traduction][20] Epstein, R. (2007). The myth of the teen brain. Scientific American Mind, 18(2), 56-63. [traduction][21] Stone, L., Burchfiel, K., et Toscano, M. (2026). Resilient Children, Struggling Parents: Mapping American Parenting. Institute for Family Studies.[22] Bayer, J. B., Anderson, I. A., et Tokunaga, R. S. (2022). Building and breaking social media habits. Current Opinion in Psychology, 45, 279-288.[23] Anderson, I. A., et Wood, W. (2021). Habits and the electronic herd: The psychology behind social media’s successes and failures. Consumer Psychology Review, 4(1), 83-99.[24] Ross, M. Q., Rhee, L., Le, H., Mount, J., Chang, Y. J., et Bayer, J. B. (2025). Smartphone habits are stronger in spaces chosen out of habit. Scientific Reports, 15(1), 41252.[25] Anderson, I. A., et Wood, W. (2021). Habits and the electronic herd: The psychology behind social media’s successes and failures. Consumer Psychology Review, 4(1), 83-99.[26] Anderson, I. A., et Wood, W. (2021). Habits and the electronic herd: The psychology behind social media’s successes and failures. Consumer Psychology Review, 4(1), 83-99. [traduction][27] Gilbert, C. (2025). How TikTok Keeps Its Users Scrolling for Hours a Day. The Washington Post.[28] Radesky, J., Hiniker, A., McLaren, C., Akgun, E., Schaller, A., Weeks, H. M., ... et Gearhardt, A. N. (2022). Prevalence and characteristics of manipulative design in mobile applications used by children. JAMA Network Open, 5(6), e2217641-e2217641.[29] Anderson, I. A., et Wood, W. (2023). Social motivations’ limited influence on habitual behavior: Tests from social media engagement. Motivation Science, 9(2), 107.[30] Heitmayer, M., et Lahlou, S. (2021). Why are smartphones disruptive? An empirical study of smartphone use in real-life contexts. Computers in Human Behavior, 116, 106637. [traduction][31] Newton, C. (2026). The Infinite Scroll Goes on Trial. Platformer. [traduction][32] Nix, N. (2026). Leaked Documents Show Instagram’s Plan to Win Back Teens. The Washington Post.[33] Heitmayer, M., et Lahlou, S. (2021). Why are smartphones disruptive? An empirical study of smartphone use in real-life contexts. Computers in Human Behavior, 116, 106637.[34] Hollis, H., et Kina, V. P. (2026). ‘I Love It, but I Hate It’: Young People’s Experiences and Expectations of Growing Up Digital. Nuffield Foundation. [traduction][35] Törnberg, P. (2025). Shifts in US social media use, 2020-2024: Decline, fragmentation, and enduring polarization. arXiv preprint arXiv:2510.25417.[36] Fink, S. (2026). Young Americans Are Unplugging, and It’s Making Them Happier. StudyFinds Analysis.[37] Hall, R. (2025). Children Limiting Own Smartphone Use to Manage Mental Health, Survey Finds. The Guardian.[38] Boak, A., et Hamilton, H. A. (2024). Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO), 1991-2023 : résultats. Toronto, ON : Centre de toxicomanie et de santé mentale.[39] Ofcom. (2026). Children and Parents: Media Use and Attitudes Report. Ofcom.

  • How Can Media Use Affect Wellbeing?

    Comment l’utilisation des médias peut-elle influer sur le bien-être? Utilisation excessive d’Internet Penny Mon 17/08/2026 - 11:30 « Nous définissons le bien-être numérique des jeunes comme un état intentionnel de santé physique, mentale et sociale atteint grâce à une interaction réfléchie avec les environnements numérique et naturel. » — Dr Michael Rich, Digital Wellness Lab, Boston Children’s Hospital[1]Comment l’utilisation des écrans peut-elle influer sur le bien-être mental?L’exemple de la Finlande complique toute tentative d’établir un lien simple entre l’utilisation des médias et le bien-être mental : ce pays se classe souvent au premier rang de l’Indice mondial du bonheur[2], malgré une utilisation presque généralisée des médias sociaux par les adolescents[3] et l’un des taux de littératie médiatique numérique les plus élevés au monde[4]. À l’échelle mondiale, l’accès à Internet est associé à une plus grande satisfaction à l’égard de la vie, à un sentiment plus marqué d’avoir un but dans la vie, à davantage d’expériences positives ainsi qu’à un meilleur bien-être communautaire et social[5].Des niveaux très élevés d’utilisation des médias, notamment de certaines activités comme les médias sociaux, sont associés à un moins bon bien-être mental[6],[7]. Il en va toutefois de même pour des niveaux d’utilisation très faibles, et il existe une vaste fourchette de temps d’utilisation pour laquelle aucun lien direct avec le bien-être n’est observé[8],[9],[10],[11]. Par exemple, une étude a révélé que l’utilisation des médias sociaux était associée à des taux d’anxiété plus faibles, tandis qu’une utilisation intensive ou problématique était associée à des taux plus élevés d’anxiété et de dépression. Cela laisse entendre que « certaines formes d’utilisation [des médias sociaux], comme communiquer avec des amis, écouter de la musique ou consulter du contenu positif, pourraient constituer un facteur de protection contre l’anxiété[12] ». Bien que les préadolescents et les adolescents qui possèdent un téléphone intelligent soient plus susceptibles de dire qu’ils se sentent bien dans leur peau que ceux qui n’en possèdent pas, ceux qui utilisent les médias sociaux au moins une fois par jour sont plus susceptibles d’affirmer que les médias ont un effet négatif sur leur vie quotidienne, qu’ils ne dorment pas suffisamment et qu’ils sont de mauvaise humeur lorsqu’ils ne peuvent pas consulter leur téléphone[13].La plupart des recherches montrent toutefois que le temps d’écran est moins important que la manière dont les écrans sont utilisés et que « les technologies numériques peuvent avoir des effets à la fois positifs et négatifs sur le bien-être des enfants, selon l’activité pratiquée et le temps qui lui est consacré[14] ». Les jeunes dont l’utilisation est « presque constante, les médias sociaux occupant une place centrale dans leurs liens sociaux, leur exploration identitaire et leur soutien émotionnel » sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise santé mentale et un faible niveau de bien-être. En revanche, ceux qui « utilisent les médias sociaux pour rester en contact avec leurs amis et explorer leur identité, tout en faisant preuve d’une forte capacité d’autorégulation » présentent une meilleure santé mentale et un meilleur bien-être que les jeunes qui les utilisent moins souvent. Ces jeunes évoluent dans « des contextes émotionnels et sociaux plus favorables qui leur permettent d’utiliser les médias sociaux comme une ressource plutôt que comme un refuge, en prolongeant leurs forces existantes plutôt qu’en compensant des difficultés aiguës ou chroniques ». Cela pourrait expliquer pourquoi les interventions visant à réduire le temps d’écran global n’ont souvent aucun effet, qu’il soit positif ou négatif[15].Différentes activités à l’écran peuvent aussi avoir des effets positifs ou négatifs. Dans une étude, les grands utilisateurs de TikTok ont signalé davantage de problèmes liés à l’image corporelle, tandis que les grands utilisateurs de Snapchat étaient plus susceptibles de déclarer être fréquemment fatigués. Les utilisateurs les plus assidus d’Instagram n’ont signalé ni l’un ni l’autre de ces effets, et aucune des plateformes n’était associée à l’anxiété[16]. De même, les utilisateurs de TikTok sont les plus susceptibles de dire qu’ils passent trop de temps sur l’application et que celle-ci nuit à leur sommeil, tandis que les utilisateurs de Snapchat sont plus susceptibles d’affirmer qu’elle a une influence positive sur leurs amitiés[17]. Une autre étude a révélé que TikTok, YouTube et Instagram étaient associés à des effets négatifs sur la santé mentale, tandis que Snapchat et WhatsApp présentaient une association positive ou aucune association[18]. Les jeux vidéo et le visionnement de vidéos en continu sont également associés à un meilleur bien-être[19], alors qu’une étude menée auprès d’adolescents canadiens a révélé que les appels vocaux étaient l’activité la plus fortement associée à la dépression et à l’anxiété[20].L’exposition virtuelle à la nature[21],[22], le contenu inspirant[23] et les rencontres virtuelles avec des chiens de thérapie[24] ont aussi des effets positifs sur le bien-être mental. Cependant, comme la plupart des réseaux sociaux et des plateformes vidéo recommandent ou diffusent du contenu au moyen d’algorithmes, il est facile d’être exposé à du contenu à la fois bénéfique et préjudiciable au cours d’une même session :Les jeunes ont décrit un besoin accru de réguler leurs émotions, notamment lorsqu’ils se sentaient obligés d’intervenir pour soutenir des groupes vulnérables. Ce soutien pouvait parfois renforcer positivement leur perception d’eux-mêmes. Cependant, ces interventions exigeaient souvent d’aimer, de partager ou de commenter le contenu, des actions qui signalaient leur engagement à la plateforme et augmentaient la probabilité que des contenus semblables leur soient recommandés. Ainsi, les efforts visant à défendre ou à soutenir les autres pouvaient involontairement signaler un intérêt à la plateforme, accroître l’exposition à des contenus similaires et contribuer à une charge émotionnelle persistante[25].Les médias peuvent avoir des effets différents selon les personnes. L’utilisation du téléphone intelligent présente peu de liens avec le bien-être mental chez les enfants dont les parents se disent « très heureux » ou « plutôt heureux », mais ce lien est beaucoup plus marqué chez ceux dont les parents se disent « peu heureux »[26]. De même, une diminution de l’utilisation des médias sociaux était associée à une baisse des symptômes de dépression chez les enfants de milieux défavorisés, tandis que chez les enfants de milieux aisés, ce même effet était associé à une utilisation accrue des médias sociaux[27]. Chez les jeunes qui réagissent plus fortement lorsqu’un pair est rejeté, les interactions sociales en ligne sont liées à des symptômes dépressifs, alors qu’aucun lien de ce genre n’est observé chez ceux qui réagissent moins fortement[28].Une même personne peut même être touchée différemment selon son âge. Certaines recherches ont montré que les garçons étaient les plus susceptibles de subir des effets négatifs des médias sociaux entre 14 et 15 ans, tandis que les filles étaient les plus vulnérables entre 11 et 13 ans. Tous les genres connaîtraient une deuxième « période » de vulnérabilité vers l’âge de 19 ans. Les circonstances peuvent aussi jouer un rôle. L’utilisation des médias sociaux était associée à une moins bonne santé mentale chez les étudiants universitaires qui se sentaient seuls, mais pas chez ceux qui ne ressentaient pas de solitude[29].Le contenu des médias que l’on consomme peut également influer sur notre bien-être mental. Les nouvelles, particulièrement celles qui portent sur des événements bouleversants comme les guerres, la criminalité, l’économie et la crise climatique, peuvent provoquer de l’anxiété, tout comme la désinformation ou les contenus polarisants[30].Les médias sociaux peuvent notamment nuire à notre bien-être mental en nous amenant à trop nous concentrer sur celui-ci : « avoir des attentes élevées à l’égard de son propre bonheur peut être néfaste, puisqu’il devient alors plus difficile d’atteindre le niveau de bonheur attendu d’un événement positif [31]». L’exposition à du « contenu portant sur la santé mentale ou l’anxiété » est associée à des niveaux d’anxiété plus élevés ainsi qu’à une conception plus large de ce qui constitue un « trouble mental »[32]. De plus, les médias sociaux diffusent souvent de la désinformation sur les enjeux liés à la santé mentale[33]. À l’inverse, des représentations authentiques des difficultés liées à la santé mentale, comme les crises de panique montrées dans la série Ted Lasso ou dans le film Le Chat potté : Le dernier vœu, peuvent permettre « aux membres du public de se reconnaître dans les personnages principaux et, par conséquent, de créer du contenu faisant référence à leurs propres symptômes de santé mentale, de partager des ressources et d’offrir des conseils aux autres[34] ».Les créateurs en ligne qui produisent du contenu sur la santé mentale sont également poussés à mettre davantage l’accent sur les effets et les expériences négatives, puisque ceux-ci sont plus susceptibles d’être favorisés par les algorithmes de recommandation, ce qui « crée une pression à entretenir une certaine vulnérabilité au fil du temps[35] ». L’industrie du bien-être mental, qui était évaluée à 131 milliards de dollars américains en 2024, soit un tiers de plus que l’industrie mondiale du divertissement, a aussi contribué à diffuser « le message selon lequel être en bonne santé mentale signifie se sentir bien, ce qui a amené de nombreux parents et adolescents à en tirer la conclusion logique que se sentir mal constitue un sérieux motif d’inquiétude[36] ».Les médias comme substitutsL’utilisation des médias peut surtout nuire au bien-être mental lorsqu’elle se fait au détriment d’activités bénéfiques, comme le sommeil, l’activité physique, le jeu libre et le temps passé dans la nature. Cela dit, même si une hausse du temps d’écran s’accompagne généralement d’une diminution de ces activités, réduire le temps d’écran ne suffit pas nécessairement à les favoriser. Près de la moitié des enfants canadiens utilisent régulièrement un appareil à écran après l’heure du coucher[37]. Chaque heure d’utilisation après cette heure est associée à une hausse de 59 % du risque d’insomnie et à une réduction de 24 minutes de la durée du sommeil[38]. L’effet de l’utilisation des médias sur le sommeil pourrait toutefois s’atténuer, selon Tanner Bommersbach, psychiatre pour enfants et adolescents à l’Université du Wisconsin. Ses recherches ont montré que le nombre d’adolescents qui ne dorment pas suffisamment a augmenté, mais que « les adolescents qui passent très peu de temps devant les écrans connaissent en réalité une hausse plus importante du manque de sommeil que ceux qui en font une utilisation intensive[39] ». Cela pourrait expliquer pourquoi une récente étude de Statistique Canada a révélé que les jeunes qui respectaient les recommandations relatives au temps d’écran n’étaient ni plus ni moins susceptibles de dormir suffisamment. Ceux qui n’utilisaient pas d’écrans avant de se coucher étaient toutefois plus susceptibles d’avoir une durée de sommeil suffisante, ce qui laisse entendre que c’est surtout l’utilisation des médias juste avant de se coucher et après l’heure du coucher, plutôt que le temps d’écran total, qui aurait une incidence sur le sommeil[40].Le lien entre l’utilisation des médias et l’activité physique est tout aussi difficile à établir. Une étude de Statistique Canada publiée en 2025 a notamment révélé que les jeunes femmes étaient les plus susceptibles de respecter les recommandations relatives au temps d’écran, mais les moins susceptibles de respecter celles portant sur l’activité physique[41]. De même, les adolescents et adolescentes sont tout aussi susceptibles de respecter les recommandations relatives au temps d’écran, mais les filles sont beaucoup moins susceptibles de respecter celles concernant l’activité physique. Une autre étude canadienne a établi un lien entre l’utilisation des médias numériques et le sentiment de connexion avec la nature chez les filles, mais pas chez les garçons. Ces résultats donnent à penser que les effets dépendent moins des médias ou des technologies eux-mêmes que des raisons pour lesquelles ils sont utilisés et du contexte dans lequel ils le sont[42].Même si le temps passé devant les écrans peut empiéter sur l’activité physique, réduire le temps d’écran ne se traduit pas nécessairement par une hausse de celle-ci. En fait, de nombreuses études n’ont trouvé aucun lien entre le temps d’écran et le jeu à l’extérieur chez les enfants[43]. Les enfants dont les parents limitent le temps d’écran passent même moins de temps à jouer dehors[44],[45]. Les recherches qui se sont penchées directement sur la question de la substitution d’activités ont également montré que l’utilisation du téléphone intelligent ne réduit pas réellement le temps de sommeil ou d’activité physique chez les jeunes adolescents. Le temps passé sur le téléphone semble plutôt remplacer d’autres activités médiatiques, comme regarder la télévision ou des films[46].En ce qui concerne d’autres activités importantes, l’utilisation des médias peut avoir des effets à la fois positifs et négatifs. Les passe-temps, les centres d’intérêt et le jeu créatif sont tous essentiels au bien-être des enfants, et les médias peuvent soit les remplacer, soit les favoriser[47]. L’utilisation des écrans est plus susceptible de devenir problématique lorsqu’elle répond à un besoin qui n’est pas satisfait ailleurs, ou qui peut être comblé plus facilement au moyen d’un appareil numérique. L’un des problèmes les plus souvent associés aux téléphones intelligents est, par exemple, l’anxiété liée à la peur de manquer ce que les amis peuvent faire ou raconter sur les médias sociaux. Ce que ces adolescents recherchent réellement, toutefois, c’est le lien avec leurs amis et le sentiment de faire partie de leur vie que les médias sociaux leur procurent[48]. Certaines recherches ont révélé que l’utilisation des médias sociaux[49] et le fait de posséder un téléphone intelligent[50] étaient en réalité associés au fait de passer davantage de temps avec ses amis hors ligne. Une autre étude n’a trouvé aucun lien entre la solitude et le temps passé sur les médias sociaux, sauf chez les personnes en couple. Dans ce cas, une utilisation pouvant aller jusqu’à trois heures par jour était associée à une solitude nettement moins grande[51]. Les amitiés en ligne peuvent également « répondre aux mêmes désirs et besoins que ceux traditionnellement associés aux amitiés en personne ce qui remet en question l’idée selon laquelle les relations en ligne seraient nécessairement limitées par leur contexte et leurs modes de communication à des liens superficiels ». La moitié des adolescents ont des amis qu’ils connaissent uniquement en ligne, et les deux tiers estiment que ces amitiés sont « aussi importantes que celles qu’ils entretiennent avec des personnes qu’ils connaissent en personne[52] ». Une synthèse de recherches publiée en 2026 sur les médias sociaux et l’isolement social a révélé qu’« une participation interactive et motivée, par exemple pour entretenir des relations ou répondre à un besoin de compagnie, était associée à un isolement social moins important ». En revanche, « une utilisation problématique peut accentuer le sentiment de déconnexion, particulièrement chez les jeunes adultes qui sont actifs en ligne, mais vulnérables sur le plan social[53] ».Dans certains cas, l’utilisation des médias peut bien sûr remplacer des activités ou des expériences auxquelles on ne souhaite pas que les jeunes soient exposés. Certaines recherches laissent notamment entendre que le temps passé sur les téléphones intelligents et les médias sociaux aurait contribué à la diminution du nombre de grossesses à l’adolescence[54]. Utiliser les médias pour éviter des expériences négatives peut toutefois avoir des conséquences néfastes. Bien que certaines formes d’utilisation puissent constituer des stratégies d’adaptation efficaces, le fait d’utiliser les médias sociaux pour éviter ses problèmes ou y échapper est associé à davantage de symptômes d’anxiété et de dépression, ainsi qu’à une diminution de la résilience et du bien-être général. À l’inverse, leur utilisation à des fins de divertissement ou de socialisation est associée à une meilleure santé mentale. Il est bien sûr également possible que les jeunes ayant une moins bonne santé mentale soient davantage portés à utiliser les médias sociaux pour éviter leurs problèmes ou tenter d’y faire face[55].L’interférenceL’utilisation d’appareils numériques, surtout lorsqu’ils sont portables comme les téléphones intelligents, peut aussi nuire à certaines activités importantes de notre quotidien. C’est probablement ce qui explique les effets observés chez les très jeunes enfants, notamment « un vocabulaire moins développé ainsi que de moins bonnes aptitudes en communication, en écriture, en numératie et en reconnaissance des lettres[56] », puisque les activités médiatiques remplacent les interactions avec les personnes qui s’occupent d’eux. Durant les premières années de la vie, les écrans offrent peu ou pas de bienfaits et se substituent surtout à d’autres expériences. En grandissant, toutefois, les enfants sont en mesure de tirer davantage profit de certaines activités à l’écran. Ainsi, si un temps d’écran minimal à l’âge de deux ans était associé aux meilleurs résultats en langue et en apprentissage deux ans et demi plus tard, une utilisation faible à modérée à quatre ans et demi était liée à de meilleurs résultats à l’âge de huit ans[57]. À 15 ans, une utilisation modérée des écrans à des fins de loisir, soit une à deux heures par jour, est associée à la fois aux taux de satisfaction à l’égard de la vie les plus élevés et aux meilleurs résultats en mathématiques[58].Les notifications et d’autres expériences médiatiques peuvent également nous distraire et perturber notre concentration. Le nombre de notifications reçues aurait même une plus grande incidence que le temps total consacré aux médias[59],[60]. De même, une étude menée auprès d’élèves du secondaire a révélé que « la fréquence à laquelle ils consultaient leur téléphone, mais non leur temps d’écran total, était associée à un moins bon contrôle cognitif », même si leur temps d’écran variait de plus de cinq heures par jour[61].Près de huit adolescents sur dix affirment que les médias sociaux les détournent « souvent » ou « très souvent » de leur travail ou de leurs autres responsabilités[62]. Il existe toutefois peu de données montrant que les téléphones intelligents ou les médias sociaux ont un effet à long terme sur la capacité d’attention des adolescents ou sur leur aptitude à accomplir des tâches complexes. En fait, une légère distraction peut parfois nous aider à nous concentrer. Les appareils numériques créent néanmoins un environnement plus propice aux distractions et favorisent des habitudes comme le multitâche, qui nous amènent à consacrer moins de temps et d’attention à une tâche donnée. Les vidéos de courte durée, comme celles diffusées sur TikTok, Instagram Reels et YouTube Shorts, sont particulièrement associées, à court terme, à une diminution des capacités cognitives, de l’attention et de la concentration[63]. Cet effet n’est toutefois pas observé avec les vidéos plus longues[64].Les médias peuvent également nous distraire lorsqu’on passe du temps avec d’autres personnes. Nous remarquons généralement lorsque l’utilisation des médias par quelqu’un d’autre détourne son attention de nous, mais « les gens sous-estiment considérablement l’effet négatif que leur propre utilisation du téléphone peut avoir sur l’expérience des autres[65] ».Lorsque l’utilisation des médias par les parents nuit à leurs interactions avec leurs enfants, elle peut entraîner une hausse de l’utilisation des médias chez ces derniers ainsi que des problèmes de comportement[66]. Certaines données montrent également que les écrans peuvent compliquer la gestion des émotions chez les enfants, notamment parce que les communications numériques transmettent moins d’indices émotionnels et parce que les adolescents utilisent parfois les médias numériques pour éviter des situations émotionnellement inconfortables[67]. Des recherches ont toutefois aussi révélé que le stress lié aux médias au sein des familles n’est pas associé au temps que les enfants passent réellement devant les écrans, mais plutôt au sentiment de culpabilité des parents à l’égard de cette utilisation[68]. Autrement dit, certains effets négatifs ne découlent pas de l’interférence elle-même, mais de l’inquiétude qu’elle suscite chez les parents.L’agentivitéDe plus en plus de données montrent que la façon dont on perçoit son utilisation des écrans joue elle aussi un rôle important. Adopter une vision agentive, c’est-à-dire considérer les technologies numériques comme des outils que l’on maîtrise et que l’on utilise à des moments précis dans des buts précis, est associé à des taux d’anxiété, de stress et de dépression plus faibles que le fait d’envisager l’utilisation des écrans sous l’angle de la dépendance[69]. Les jeunes disent d’ailleurs souvent ressentir de la frustration lorsqu’ils ont l’impression que les médias « leur prennent plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient[70] ». On retrouve ici encore le principe du « juste milieu » : les adolescents qui font une utilisation modérée des médias sociaux sont plus susceptibles de se sentir maîtres de leur vie que ceux qui les utilisent moins d’une heure ou plus de trois heures par jour[71]. Dans l’ensemble, « l’utilisation des médias sociaux chez les adolescents peut à la fois favoriser et entraver leur sentiment d’appartenance, leur autonomie et leur sentiment de compétence[72] ».Les personnes qui utilisent leur téléphone intelligent de façon plus automatique et habituelle, et qui ouvrent un plus grand nombre d’applications au cours d’une même session, sont plus susceptibles de présenter des symptômes de dépression, d’anxiété et de trouble obsessionnel-compulsif (TOC)[73]. De manière générale, les personnes qui estiment maîtriser leur utilisation des médias sociaux y consacrent moins de temps et font état d’un meilleur bien-être. Cette association est plus forte lorsque l’on se fie à l’évaluation que les personnes font elles-mêmes de leur utilisation que lorsqu’on la mesure avec précision, ce qui renforce l’idée selon laquelle « le sentiment de contrôle des utilisateurs est plus important pour leur bien-être que la durée de leur utilisation [des médias sociaux] ou leur perception de ses effets[74] ». Le sentiment d’avoir « de plus en plus de contrôle et de choix » est essentiel au bien-être des enfants et des adolescents[75]. Les médias peuvent renforcer ce sentiment, en leur offrant davantage d’indépendance et d’agentivité dans les mondes en ligne ou hors ligne, ou au contraire y nuire s’ils n’ont pas l’impression de maîtriser leur utilisation ou si les médias servent à limiter leur indépendance plutôt qu’à l’accroître. « Adopter un état d’esprit davantage axé sur l’agentivité modifie non seulement la façon dont les personnes utilisent les médias sociaux, mais aussi la manière dont elles se souviennent du rôle que ceux-ci jouent dans leur vie et dont elles le comprennent[76]. »Cela pourrait expliquer l’un des paradoxes de l’utilisation des écrans : les personnes se sentent plus heureuses, plus énergiques et plus proches des autres lorsqu’elles réduisent leur temps d’écran, mais, à l’échelle de la population, le temps d’écran moyen d’une personne ne permet de prédire aucun de ces effets[77]. Si l’on examine ce paradoxe sous l’angle de l’agentivité, il semble que ce soit le fait même de réduire son temps d’écran, et donc de reprendre le contrôle de la place que les écrans occupent dans sa vie, qui favorise le bien-être, plutôt que la quantité de temps en elle-même. Dans le même ordre d’idées, de nombreuses études montrent qu’une utilisation active des médias, par exemple créer et publier du contenu, est associée à moins de solitude et de dépression ainsi qu’à une meilleure qualité de vie déclarée, comparativement à une utilisation passive, comme faire défiler un fil d’actualité ou consulter les publications des autres[78].Une autre étude illustre l’importance de ce sentiment d’agentivité. Elle a révélé que l’utilisation réelle du téléphone intelligent par les parents n’avait aucune incidence sur leurs enfants. En revanche, les jours où les parents avaient l’impression d’avoir utilisé leur téléphone plus que d’habitude, ils étaient davantage portés à craindre que les besoins fondamentaux de leur enfant ne soient pas satisfaits[79].L’agentivité est un élément essentiel de la construction de l’identité et de la perception de soi[80], tout comme du sentiment de cohérence, c’est-à-dire la capacité à percevoir sa personne, sa vie et, dans ce cas-ci, son utilisation des médias comme conscientes, significatives et gérables[81]. Lorsque les enfants utilisent les médias pour composer avec leurs émotions de façon constructive, par exemple en écoutant de la musique[82] ou en extériorisant leurs émotions, cela renforce leur sentiment d’agentivité. En revanche, les groupes d’adolescents sur les médias sociaux risquent de tomber dans la co-rumination, qui consiste à discuter et à analyser sans fin un problème. « C’est l’équivalent psychologique de gratter une plaie. » Cette dynamique peut réduire leur sentiment de contrôle, puisqu’ils n’arrivent plus à passer à autre chose[83].Après une mauvaise journée, les jeunes ont généralement tendance à consulter leur téléphone plus souvent le lendemain, probablement pour tenter de composer avec leurs émotions[84]. Cette réaction peut toutefois accentuer le remplacement de certaines activités par les médias et les distractions, en plus d’affaiblir leur sentiment d’agentivité si elle se transforme en habitude[85]. Les jeunes qui avaient de meilleures aptitudes à la pleine conscience, c’est-à-dire qui utilisaient les médias de façon plus réfléchie et avec davantage d’agentivité, ne consultaient toutefois pas leur téléphone plus souvent après une mauvaise journée[86].L’un des facteurs qui nuisent le plus à notre sentiment d’agentivité est le fait de présenter l’utilisation des médias comme une « dépendance » ou certains médias comme étant « addictifs ». Lorsque ces étiquettes sont employées, les personnes se sentent davantage coupables et ont moins confiance en leur capacité à changer leurs habitudes[87]. Comme l’explique le psychologue Nir Eyal :« Lorsqu’on est constamment exposé à des messages du genre “Ça te fait du mal”, ces attentes finissent par influencer la façon dont on interprète des émotions ou des variations pourtant tout à fait normales [...] Mais il y a une différence entre dire “Cet outil est puissant, il faut apprendre à bien s’en servir” et dire “Cet outil crée une dépendance, tu es impuissant face à lui”. La première façon de voir les choses préserve l’agentivité. La seconde la sape[88]. »Il s’agit d’un exemple de ce qu’on appelle l’influence présumée des médias : « l’effet des technologies numériques sur nous ne dépend pas uniquement de la façon dont nous les utilisons, mais aussi, en partie, des effets que nous leur attribuons[89] ». Dans ce cas, « l’étiquette de dépendance ne donne pas aux utilisateurs les moyens de reprendre le contrôle de leur utilisation. Elle leur nuit plutôt en diminuant leur sentiment de contrôle, en accentuant leur sentiment de culpabilité et en rendant leur expérience légèrement moins positive[90] ».Utilisation des médias chez les enfants vulnérablesLes effets négatifs de l’utilisation des écrans sont plus marqués chez les enfants vulnérables, mais leurs effets positifs le sont aussi. Les jeunes vulnérables reconnaissent à la fois les risques et les avantages des médias sociaux, qu’ils considèrent comme « d’importants moyens de demander de l’aide, particulièrement lorsque le soutien hors ligne [est] inaccessible[91] ». Les personnes présentant davantage de traits névrotiques sont plus susceptibles de subir des effets négatifs sur leur santé mentale lorsqu’elles utilisent les médias sociaux[92], tandis que les utilisateurs souffrant de dépression sont plus sensibles aux réactions suscitées par leurs publications, comme les mentions « J’aime »[93].Les adolescents qui déclarent avoir un faible niveau de bien-être mental sont plus susceptibles de dire qu’ils se sentent mal lorsque personne n’aime ou ne commente leurs publications, qu’ils se sont sentis exclus après avoir vu les publications de leurs amis et qu’ils ont vécu des expériences négatives sur les médias sociaux en général. Toutefois, ces mêmes adolescents sont aussi plus susceptibles d’affirmer que les médias sociaux ont globalement une influence positive sur eux, qu’ils les aident à se sentir mieux dans leur peau et qu’ils atténuent leur sentiment de solitude[94].Les jeunes utilisent aussi souvent les médias pour faire face à des situations difficiles. Une analyse de données provenant des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis a révélé que, parmi les filles dont les parents avaient des problèmes de consommation de drogues ou d’alcool, celles qui utilisaient fréquemment les médias sociaux étaient environ un tiers moins susceptibles d’avoir fait une tentative de suicide au cours de l’année précédente que celles qui les utilisaient rarement, soit 22,6 % contre 33 %. Elles étaient également presque deux fois moins susceptibles de s’être automutilées au cours de cette période, soit 6,4 % contre 11,5 %[95]. Une autre étude a établi un lien étroit entre le niveau d’utilisation des médias et différentes expériences négatives vécues pendant l’enfance, comme le divorce, le décès ou l’incarcération d’un parent; la violence, les problèmes de santé mentale ou la consommation de substances à la maison; la pauvreté; les mauvais traitements fondés sur la race ou l’origine ethnique; ainsi que la discrimination liée au genre ou au sexe. Comme il est extrêmement peu probable que l’utilisation des médias ait causé l’une ou l’autre de ces expériences, ces résultats portent fortement à croire que bon nombre des grands utilisateurs se tournaient vers les médias pour composer avec les difficultés de leur vie[96]. Les jeunes 2ELGBTQ+ sont également plus susceptibles d’utiliser les médias numériques pour trouver du soutien et un sentiment d’appartenance à une communauté, ce qui contribue à « un plus grand sentiment de capital social[97] ».Cette interprétation est appuyée par des données montrant que priver les jeunes vulnérables de l’accès aux médias semble accroître les risques auxquels ils sont exposés. Bien que certaines recherches aient révélé que l’interdiction des téléphones intelligents dans les écoles avait un léger effet positif sur la santé mentale des jeunes dans l’ensemble[98], une étude a constaté que les filles fréquentant des écoles où ces appareils étaient interdits étaient plus susceptibles de signaler certains symptômes de dépression et d’envisager le suicide[99]. Au Canada, Jeunesse, J’écoute indique que plus du tiers des communications reçues, soit 34 %, ont lieu pendant les heures de classe, les jeunes « nous appelant depuis une cabine de toilette, le bureau de la direction ou l’extérieur, avec leur téléphone cellulaire[100] ». De même, un organisme australien de santé mentale a rapporté qu’un adolescent sur dix parmi ceux qui avaient communiqué avec lui dans les mois précédant l’interdiction des médias sociaux en Australie s’inquiétait des effets que la perte de cet accès pourrait avoir sur sa santé mentale[101].Ce que les jeunes disent de leur utilisation des médiasLes études qui se sont intéressées à la façon dont les jeunes perçoivent leur utilisation des écrans montrent généralement qu’ils lui attribuent davantage d’effets positifs que négatifs. Parmi les bienfaits mentionnés, les médias les aident notamment à se sentir moins seuls[102], à se faire de nouveaux amis, à rester en contact avec leurs proches[103] et à accéder à des services de soutien et de santé[104].Les adolescents reconnaissent toutefois que l’utilisation des écrans peut aussi avoir des effets négatifs, surtout sur les autres jeunes[105] et sur leurs parents[106]. Les enfants estiment que les interférences liées aux médias nuisent à la vie familiale, qu’elles touchent les enfants ou les parents. Les parents, en revanche, ont généralement tendance à ne considérer comme problématiques que les interférences causées par l’utilisation des médias de leurs enfants[107]. Plus des trois quarts des jeunes, soit 78 %, s’inquiètent des effets de l’utilisation des médias sur leur santé mentale[108]. Beaucoup ont d’ailleurs pris certaines mesures pour mieux gérer leur temps d’écran, par exemple en essayant de limiter le temps consacré aux médias sociaux ou aux jeux vidéo[109].Les jeunes Canadiens ont cependant des sentiments partagés à l’égard de leur utilisation des appareils numériques. Un peu moins de la moitié craignent parfois de passer trop de temps en ligne. Pourtant, ceux qui s’en inquiètent déclarent sensiblement le même niveau d’utilisation des médias que ceux qui ne s’en préoccupent pas, ce qui laisse croire que cette inquiétude n’entraîne pas de changements importants dans leurs comportements[110]. Il est toutefois possible que ces préoccupations soient moins liées au temps passé en ligne qu’aux expériences vécues pendant ce temps. Par exemple, les jeunes qui avaient adopté ou subi des comportements méchants et cruels en ligne étaient plus susceptibles de craindre de passer trop de temps sur Internet[111], tout comme ceux qui avaient envoyé des sextos[112].Même si les jeunes reconnaissent souvent avoir de la difficulté à gérer leur utilisation des écrans, les messages qu’ils reçoivent de leurs parents sont parfois contradictoires. Environ 60 % des parents affirment passer trop de temps sur leur téléphone intelligent, et 68 % disent être distraits par leur téléphone lorsqu’ils passent du temps avec leurs enfants[113]. Lorsqu’on leur a demandé quelles règles les parents devraient eux-mêmes respecter en matière d’utilisation des médias, les enfants ont répondu : « Pose ton téléphone lorsque ton enfant essaie de te dire quelque chose d’important », « N’y consacre pas tout ton temps libre » et « Fais ce que tu dis »[114].[1] Rich, M. (2026, 4 février). 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  • Building Better Media Habits

    Adopter de meilleures habitudes médiatiques Utilisation excessive d’Internet Internet et communication mobile Penny Mon 17/08/2026 - 11:34 Le temps passé à utiliser des appareils numériques figure parmi les principales préoccupations des parents concernant la vie numérique de leurs enfants. Il constitue aussi la première source de conflit entre parents et enfants en matière de technologies[1]. Par ailleurs, les articles de presse qui laissent entendre que tout temps d’écran est néfaste circulent beaucoup plus rapidement et largement que ceux qui présentent des résultats plus nuancés[2].Il peut être tentant pour les parents d’imposer leur autorité et de fixer un nombre maximal d’heures que leurs enfants peuvent passer en ligne. Toutefois, pour remédier efficacement à une utilisation excessive, le jeune doit lui-même s’engager activement et volontairement à modifier son comportement. Sinon, les enfants trouveront toujours le moyen de contourner les règles de leurs parents et se retrouveront livrés à eux-mêmes lorsqu’ils seront assez grands pour quitter la maison. Même chez les jeunes enfants, des règles trop strictes peuvent finir par avoir l’effet inverse de celui recherché[3]. Comme l’explique le psychologue Peter Gray : « Pour grandir et s’épanouir, les enfants doivent être libres de jouer et d’explorer. Ils doivent aussi sentir qu’on leur fait confiance. Cela est vrai dans le monde physique, mais, à l’ère des technologies, ce l’est désormais aussi dans le monde en ligne[4]. »Pour favoriser une utilisation saine des médias, on doit aider les enfants à avoir le sentiment qu’ils comprennent le monde numérique, qu’ils peuvent maîtriser leurs interactions avec celui-ci et que ces interactions ont un but. À l’exception des très jeunes enfants, l’objectif n’est donc pas de réduire le plus possible le temps d’écran, mais plutôt de les aider à acquérir des habitudes qui leur permettront de trouver un équilibre entre les bienfaits et les inconvénients.Utilisation équilibréeQu’entend-on par « équilibrée »? Une utilisation équilibrée repose sur trois éléments essentiels.Premièrement, l’utilisation des appareils doit être gérable : vous avez l’impression de la maîtriser et elle ne vous empêche pas de faire ce que vous devez faire ou ce que vous aimez.Deuxièmement, elle doit être significative : vous estimez que le temps consacré aux médias en valait la peine. Il peut s’agir d’apprendre, de créer ou de communiquer avec ses proches, mais aussi de jouer à un jeu ou de regarder une vidéo réellement captivante et satisfaisante.Enfin, elle doit être consciente : vous choisissez délibérément d’utiliser un appareil et, lorsque vous le faites, vous êtes pleinement présent plutôt que distrait ou en « mode pilote automatique ».La présence de ces trois éléments dans une activité numérique particulière, ou dans notre utilisation globale des appareils, a une forte incidence sur les effets de cette utilisation sur notre bien-être.Utilisation conscienteLa pleine conscience peut réduire considérablement les effets négatifs de l’utilisation des médias sociaux ainsi que le risque de comportements compulsifs : « Un consensus croissant se dégage selon lequel une utilisation modérée et consciente des médias sociaux, plutôt que l’abstinence ou une autonomie totale, serait l’option la plus saine pour les enfants[5]. »La pleine conscience comporte cinq dimensions :être capable d’observer et de reconnaître ce qui nous bouleverse ou nous contrarie sans y réagir immédiatement;être conscient de notre humeur, de nos émotions, de nos sensations et du monde qui nous entoure;agir de manière consciente, présente et intentionnelle plutôt qu’automatique;être capable de décrire clairement ses émotions;observer ses pensées, ses émotions et ses actions sans les juger[6].Établir consciemment des consignes claires pour certaines situations précises, par exemple ne pas utiliser son téléphone pendant les repas ou dans la chambre, peut réduire les effets négatifs, même chez ceux qui ont fortement l’habitude de consulter leur appareil[7]. Il n’est toutefois pas nécessaire de les appeler des règles. Le Dr Michael Rich conseille de « ne pas établir des règles sur les médias, mais plutôt des attentes », parce que « les attentes correspondent à ce que tous les membres d’une famille attendent les uns des autres À long terme, elles sont beaucoup plus efficaces qu’une règle que l’on sait pouvoir respecter ou contourner[8] ». Présenter les règles comme des routines peut également aider les jeunes à les intégrer et à les respecter en vieillissant[9]. Dans la mesure du possible, appliquez les mêmes consignes que vos enfants et donnez l’exemple d’une utilisation consciente des technologies, surtout lorsque vous passez du temps avec eux[10]. Trois quarts des parents disent avoir utilisé leur téléphone lors de leur dernier repas en famille, comparativement aux deux tiers des enfants[11].Les enfants sont plus susceptibles d’accepter les règles lorsque les parents :parlent à la fois des risques et des avantages de l’utilisation des médias;expliquent les raisons qui justifient les règles;donnent aux enfants l’occasion d’exprimer leur point de vue[12].Une composante essentielle d’une utilisation consciente consiste à reconnaître et à modifier nos habitudes médiatiques. Une fois établies, celles-ci peuvent toutefois être difficiles à changer, et « il est notoirement difficile de maîtriser de fortes habitudes par la seule volonté[13] ». Il faut plutôt aider nos enfants à reconnaître ce qui déclenche chez eux une utilisation automatique : certaines humeurs, comme l’ennui ou la tristesse, ou certaines situations, comme le fait de se lever du lit ou les moments où ils ne savent pas quoi faire, et leur proposer des activités de remplacement plus utiles. Ces solutions ne doivent pas nécessairement être sans écran! Puisque l’objectif est de réduire l’utilisation automatique, et non le temps d’écran dans son ensemble, remplacer la consultation machinale d’un appareil ou un défilement sans but par une activité intentionnelle, comme lire un livre sur son téléphone ou s’exercer dans une application d’apprentissage des langues, peut être tout aussi efficace[14].Encouragez les enfants à utiliser des minuteurs ou des applications de gestion du temps pour savoir combien de temps ils consacrent à leurs différentes activités en ligne. Il est facile de perdre la notion du temps lorsqu’on regarde des vidéos, qu’on fait défiler du contenu sur les médias sociaux ou qu’on joue à un jeu vidéo. Connaître la durée habituelle d’une session peut nous aider à utiliser notre temps de façon plus consciente. Vous pouvez également fixer une limite à l’avance afin de mieux maîtriser la durée de l’activité[15]. Le simple fait de noter comment on se sent après différentes activités médiatiques peut aussi en atténuer les effets négatifs, même sans apporter d’autres changements[16].Jeunes enfantsAllumer un téléviseur, un ordinateur ou un appareil mobile devrait être un geste réservé à des moments et à des raisons précises. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés, les appareils devraient être complètement éteints, et non simplement mis en veille, puis rangés si possible. Évitez que les enfants prennent l’habitude d’allumer un appareil dès qu’ils s’assoient ou de laisser un écran fonctionner comme « bruit de fond »[17].Misez sur la participation active et la qualité du contenu plutôt que sur le simple décompte des minutes[18]. Privilégiez du contenu au rythme lent, avec des histoires simples et le moins d’artifices possible, comme des effets sonores superflus ou des images tape-à-l’œil[19].La stratégie la plus efficace est le covisionnement, qui consiste à regarder du contenu avec votre enfant et à en discuter afin de faire du temps d’écran une activité sociale et de jeter les bases d’un accompagnement actif[20]. Les médias éducatifs sont plus efficaces lorsqu’ils sont regardés avec les parents, qui peuvent prolonger et renforcer les apprentissages[21]. Dans le cadre du jeu, le fait que l’activité soit numérique ou non « importait moins que la façon dont les parents et leurs enfants interagissaient. Qu’ils jouent avec des jouets traditionnels ou sur une tablette, c’est la relation et le style d’interaction entre le parent et l’enfant qui comptaient le plus »[22].En questionnant votre enfant sur ce qu’il voit, vous l’aidez à développer la pensée critique et la capacité d’introspection dont il aura besoin plus tard pour évoluer dans des environnements numériques plus complexes[23]. Le covisionnement est également le meilleur moyen de repérer les contenus préoccupants et d’en discuter. La fiche-conseil d’HabiloMédias Accompagnez vos enfants dans leur visionnement peut vous guider. Lorsque vous ne pouvez pas regarder le contenu ensemble, prenez le temps de savoir ce que vos enfants regardent et à quoi ils jouent, pour pouvoir aborder avec eux tout ce qui vous inquiète.Faire des activités médiatiques ensemble aide aussi les enfants à comprendre que les médias sont utilisés à des moments et dans des buts précis. C’est également une excellente façon de découvrir leurs centres d’intérêt[24]. Soyez attentif à votre propre « technoférence ». En soulignant à l’occasion les moments où un appareil vous distrait et en choisissant de ranger votre téléphone, vous créez une occasion d’apprentissage concrète qui illustre l’agentivité en action[25].Enfants plus âgésNe renoncez pas aux heures et aux routines de coucher. Les adolescents sont encore plus susceptibles que les jeunes enfants de manquer de sommeil, puisqu’ils ont naturellement tendance à s’endormir plus tard que les adultes et les enfants plus jeunes[26]. Le fait de s’exposer à une lumière extérieure vive dès le matin peut également les aider à maintenir un rythme de sommeil sain[27]. Si vous instaurez une nouvelle règle sur le moment où vos enfants peuvent utiliser les médias, laissez-leur le temps d’en parler à leurs amis, afin qu’ils ne craignent pas que ceux-ci pensent qu’ils les ont abandonnés[28].Le covisionnement reste utile avec les enfants plus âgés, même si, à cet âge, il s’agit surtout de les laisser vous faire découvrir leur univers médiatique. La psychologue Sarah Myruski suggère aux parents et à leurs enfants de « parcourir ensemble leur fil d’actualité sur les médias sociaux. Demandez-leur ce qui attire leur attention, ce qu’ils pensent et ressentent devant tel ou tel contenu. Demandez-leur aussi de vous parler de ce qu’ils vivent en ligne au quotidien. Qu’est-ce qui leur plaît? Qu’est-ce qui les inquiète? Qu’aimeraient-ils voir changer?[29] ».On peut apprendre aux préadolescents et aux adolescents à reconnaître les déclencheurs et les états émotionnels, comme l’ennui, l’anxiété ou la fatigue, qui les poussent à utiliser un appareil. Les jeunes moins conscients de leurs habitudes ont tendance à se tourner davantage vers les médias le lendemain d’une mauvaise journée, comme mécanisme d’adaptation[30]. L’utilisation habituelle des médias est particulièrement fréquente dans les moments de transition entre deux activités, que ce soit entre deux activités médiatiques ou entre une activité numérique et une activité hors ligne[31].Pour favoriser une utilisation plus consciente, on peut encourager les jeunes à réfléchir de façon critique à l’aide de questions comme celles-ci :De quelles façons utilises-tu déjà les médias pour faire des choses qui comptent pour toi?Quels types de contenus ont tendance à te faire sentir mieux ou moins bien, et pourquoi?T’arrive-t-il d’allumer ou de déverrouiller un appareil sans même y penser? Le fais-tu parfois en réaction à une émotion ou à une humeur précise?Quelles applications ou quels jeux utilises-tu parfois machinalement? Lorsque tu allumes ton appareil, quelle est l’application que tu es le plus susceptible d’avoir utilisée en dernier?Que pourrais-tu faire au lieu de prendre ton appareil? Quelle activité courte pourrais-tu choisir de façon plus intentionnelle afin d’avoir l’impression que ton utilisation a été utile?As-tu l’impression de devoir être « toujours connecté » au cas où tes amis auraient besoin de toi ou pour être certain de ne rien manquer?Quelles expériences médiatiques te font du bien par la suite? Lesquelles te font sentir moins bien?Qu’aimes-tu faire sans écran? Comment pourrions-nous consacrer plus de temps à ces activités?Quelles activités à l’écran pourrions-nous faire ensemble?Que pourrais-tu faire différemment pour profiter au maximum des médias dans ta vie?Essayez le défi « Une chose à la fois » : avant d’allumer un appareil ou d’ouvrir une application, dites pourquoi vous le faites, comment vous saurez que vous avez terminé et ce que vous ferez ensuite. Cela vous aidera à vous en tenir à ce que vous aviez prévu. (Vous pouvez très bien vous le dire dans votre tête, mais le dire à voix haute, c’est aussi une belle façon de montrer à vos enfants ce qu’est une utilisation consciente).Utilisation gérableLes jeunes qui ont l’impression que leur utilisation des médias est gérable, c’est-à-dire qu’ils la maîtrisent, font état d’un meilleur bien-être mental et d’une utilisation moins problématique. À l’inverse, le sentiment d’être dépendant des médias sociaux est associé au fait de se sentir moins bien après les avoir utilisés[32]. Le simple fait d’avoir l’impression de pouvoir contrôler son utilisation, même lorsqu’on ne le fait pas réellement, a un effet positif sur le bien-être[33]. Ce changement de perspective aide les personnes à considérer leur utilisation comme utile et significative. Cela pourrait expliquer pourquoi le fait de prendre une quelconque mesure pour gérer son utilisation des médias est davantage associé à un bien-être positif que le recours à une stratégie précise[34]. Les parents devraient éviter de présenter l’utilisation des médias comme une activité toujours négative. Elle devrait plutôt être considérée comme l’un des nombreux aspects de la vie de leurs enfants qu’ils doivent les aider à gérer[35].Rendre notre utilisation gérable passe aussi par la gestion de nos propres attentes. Le changement des habitudes se fait graduellement, et se sentir coupable de ses écarts rend en fait les choses plus difficiles par la suite[36]. De la même façon, on est plus susceptible d’échouer si on se perçoit comme puisant dans une réserve limitée de volonté[37].Jeunes enfantsExposez le moins possible les bébés et les tout-petits aux écrans, qu’il s’agisse de la télévision, de vidéos ou de médias interactifs comme les applications éducatives. La Société canadienne de pédiatrie recommande de ne pas exposer les enfants de moins de deux ans aux écrans et de limiter le temps d’écran à une heure par jour chez les enfants de deux à cinq ans. Si vous avez aussi des enfants plus âgés, expliquez-leur pourquoi ils doivent limiter leur utilisation des écrans en présence de leurs jeunes frères et sœurs.Établissez des règles et des routines claires quant aux moments et aux endroits où les écrans peuvent être utilisés[38] ainsi qu’aux activités médiatiques qui sont permises ou non[39]. Ces consignes devraient notamment prévoir l’arrêt de tous les écrans et le retrait des appareils connectés de la chambre. Les enfants qui dorment davantage subissent moins les effets négatifs des médias[40], et il est plus facile pour un enfant plus âgé de garder un bon rythme de sommeil s’il en a déjà pris l’habitude.Apprendre à gérer leurs émotions peut aider les enfants à mettre fin plus facilement à une activité à l’écran et à passer du temps loin de leurs appareils. Aidez-les à enrichir leur vocabulaire émotionnel, encouragez-les à parler ouvertement de leurs sentiments[41] et enseignez-leur des techniques simples pour gérer leurs émotions lorsqu’ils sont contrariés, comme écouter de la musique ou faire un « balayage corporel » afin de reconnaître ce qu’ils ressentent[42]. Ces apprentissages leur seront également utiles plus tard, puisqu’ils seront moins susceptibles de ressentir le besoin de répondre à chaque publication lorsqu’ils commenceront à utiliser les médias sociaux[43].Lorsqu’il est temps d’éteindre l’écran, facilitez la transition en anticipant leur réaction et en préparant une activité sans écran qu’ils aiment. Il s’agit de détourner l’attention de ce qu’ils doivent « arrêter » vers une autre activité agréable qu’ils vont « commencer »[44]. Prévenez-les à l’avance du moment où l’activité prendra fin. S’ils se fâchent malgré tout, essayez de rester calme et « laissez-leur le temps de retrouver leur calme »[45]. Le fait de renforcer ces habitudes dès le plus jeune âge permet aux technologies de rester des outils qui favorisent le développement de l’enfant plutôt que des sources de distraction machinale[46].Enfants plus âgésPour obtenir des résultats durables, il faut délaisser les restrictions strictes et plutôt donner aux adolescents des stratégies favorisant une utilisation saine. Si les règles explicites aident les enfants de moins de 12 ans à gérer leur utilisation des médias, les adolescents qui vivent dans des foyers où le temps d’écran est strictement réglementé sont en fait plus susceptibles de développer une utilisation problématique[47], et ces règles deviennent même contre-productives vers le milieu de l’adolescence[48].Vous pouvez amener vos enfants à réfléchir aux caractéristiques propres à chaque outil médiatique, et à la façon dont elles peuvent les toucher différemment. Peut-on modifier les fonctionnalités qui favorisent une utilisation moins consciente, ou du moins, utiliser l’outil comme si elles l’avaient été?[49] Expliquez-leur comment les concepteurs exploitent certaines vulnérabilités psychologiques par des fonctionnalités comme le défilement infini (qui élimine les signaux d’arrêt) et le renforcement intermittent (des récompenses imprévisibles comme les mentions « J’aime » ou les lots aléatoires), un mécanisme comparable à celui des machines à sous. L’objectif de conception est de créer des boucles d’habitudes automatiques et inconscientes, comme la « boucle algorithmique », qui présente le contenu que la plateforme juge le plus susceptible d’attirer l’attention, analyse la réaction de l’utilisateur, puis utilise cette information pour proposer du contenu encore plus captivant. « Reconnaître qu’un produit est conçu pour favoriser la formation d’habitudes donne aux utilisateurs les moyens de reprendre le contrôle[50]. »Par exemple, si votre enfant possède une tablette ou un téléphone intelligent, encouragez-le à désactiver les notifications du plus grand nombre d’applications possible. Il ne recevra ainsi pas constamment de mises à jour indiquant qui a aimé la photo de qui et devra prendre la décision consciente d’ouvrir l’application pour la consulter. Sur la plupart des appareils mobiles, les notifications peuvent être désactivées dans les paramètres, sous « Notifications » ou « Applications et notifications ». La majorité des appareils offrent également un mode « Ne pas déranger » permettant de couper toutes les notifications à certaines heures. Certaines données montrent toutefois que cette fonction peut entraîner une hausse du temps d’écran, du moins à court terme[51]. Il semble plus efficace de regrouper les notifications : les désactiver la plupart du temps, puis prévoir des moments précis pour les consulter[52].Vous pouvez aussi utiliser certaines fonctions des appareils pour rendre leur utilisation automatique plus difficile. Modifier occasionnellement la façon de déverrouiller un appareil, par exemple en remplaçant un NIP par un schéma[53], peut ajouter suffisamment de friction pour interrompre l’habitude de le consulter machinalement[54]. Passer l’affichage d’un appareil en niveaux de gris peut également réduire le temps d’écran, en particulier les formes d’utilisation problématiques[55].Repérer les moments et les endroits où les enfants utilisent le plus souvent leurs appareils par habitude permet également de modifier ces routines. Par exemple, s’ils sortent toujours leur téléphone à un feu rouge particulièrement long sur le chemin de l’école, changer d’itinéraire peut réduire cette utilisation automatique[56]. Puisque les habitudes médiatiques comprennent aussi des gestes répétitifs, les mises à jour qui modifient l’interface d’une application peuvent justement être l’occasion de rompre avec une habitude indésirable[57].Une autre stratégie consiste à appliquer la règle des « dans dix minutes ». Dites aux enfants que, s’ils ressentent l’envie d’allumer un appareil, ils peuvent le faire, mais dans dix minutes. Ce délai leur permet de se demander s’ils ont réellement une raison de l’utiliser ou s’ils réagissent simplement par habitude[58].Comme on l’a vu plus haut, si les adolescents ont souvent l’impression de ne pas maîtriser leur utilisation, c’est en bonne partie parce qu’ils croient que leurs amis s’attendent à ce qu’ils soient disponibles en tout temps, et qu’ils craignent de les laisser tomber s’ils ne sont pas là au moment où ceux-ci ont besoin d’eux[59]. Résultat : de nombreux adolescents souhaitent se déconnecter, mais aucun ne veut être le premier à le faire.La sensibilité des adolescents aux normes sociales peut toutefois devenir un avantage. On peut leur expliquer que le temps d’écran en général, et l’utilisation intensive des médias sociaux en particulier, semblent diminuer au Canada[60], et que le nombre de jeunes qui choisissent de faire des pauses numériques a plus que doublé depuis 2022[61]. Établir des normes sociales en matière d’utilisation des médias est plus efficace que d’essayer d’amener chaque personne à changer son comportement[62], et dire aux gens qu’une norme est en train de changer semble particulièrement efficace pour « favoriser l’adoption de nouvelles normes qui ne se sont pas encore généralisées[63] ».Utilisation significativeAidez vos enfants à considérer les activités à l’écran comme des choix conscients plutôt que comme un bruit de fond ou une habitude. Une utilisation significative peut aussi consister à choisir délibérément du contenu qui nous fait du bien, comme du contenu « inspirant »[64] ou valorisant la diversité corporelle, ou à se tourner vers des éléments qui influencent positivement l’humeur, comme la musique ou les sons de la nature[65].Sauf pour les très jeunes enfants, on ne devrait pas se concentrer sur le « temps d’écran » en général, ni même sur de grandes catégories comme les « médias sociaux ». Il vaut mieux déterminer quelles activités sont les plus significatives, et quelles fonctionnalités favorisent ou entravent une telle utilisation[66]. Ces activités ne seront pas nécessairement les mêmes pour tout le monde : « les résultats donnent à penser que ce qui est bénéfique pour un groupe peut être néfaste, ou moins bénéfique, pour un autre »[67].À tout âge, il est tout aussi important d’offrir aux enfants d’autres activités significatives, sans écran cette fois; sinon, réduire une activité numérique risque simplement d’entraîner une augmentation d’une autre.« Votre objectif ne devrait pas être seulement de “moins utiliser votre téléphone”, mais aussi de “faire davantage d’autres choses”. » — Jacqueline Nesi[68]Jeunes enfantsPour les jeunes enfants, choisissez vous-même les contenus médiatiques auxquels ils ont accès et ne permettez aux enfants plus âgés de regarder ou de jouer qu’aux contenus que vous avez approuvés. Des contenus préoccupants peuvent se retrouver dans les médias destinés à tous les groupes d’âge. Chez les enfants de plus de deux ans, la qualité du contenu peut faire la différence entre une expérience positive et une expérience négative.À mesure qu’ils grandissent, utilisez les outils de contrôle parental et d’autres fonctionnalités afin de limiter les contenus auxquels ils sont exposés. Continuez également à sélectionner leurs expériences médiatiques à l’aide d’outils comme les listes de lecture. Orientez-les vers des expériences numériques actives, sociales, éducatives ou créatives.Les activités à l’écran actives comprennent les jeux qui exigent de bouger tout le corps, parfois appelés « jeux vidéo actifs », ainsi que les activités numériques qui se déroulent à l’extérieur, comme l’observation des oiseaux à l’aide de l’application Merlin.Les activités sociales permettent d’avoir une interaction significative avec une personne qu’on connaît, comme un appel vidéo avec des amis ou des membres de la famille. Il existe une grande différence entre jouer seul, jouer à un jeu multijoueur où les échanges se limitent à une fenêtre de clavardage et jouer à un jeu multijoueur avec des personnes assises à côté de soi.Le Web regorge de contenu éducatif de qualité. Quels que soient les centres d’intérêt de votre enfant, des organismes comme PBS, TVO, National Geographic et l’Office national du film proposent des leçons vidéo, des jeux éducatifs interactifs et même des événements en direct lui permettant d’explorer une grande variété de sujets.Les appareils numériques actuels facilitent plus que jamais la création. Les enfants peuvent concevoir des jeux vidéo ou des animations à l’aide d’outils spécialisés comme GameMaker ou de langages de programmation simples comme Scratch. Ils peuvent créer des animations image par image avec des applications comme Stop Motion Studio ou Clapmotion, ou encore explorer des outils de création musicale aussi simples que Chrome Music Lab ou aussi polyvalents qu’Audacity.Quand les enfants choisissent eux-mêmes leurs passe-temps et les poursuivent par pur intérêt personnel, cela favorise « une forme particulièrement solide d’estime de soi »[69].Enfants plus âgésFavoriser le sentiment de cohérence des jeunes implique également d’adopter une approche qui soutient leur autonomie lorsqu’on discute de leur utilisation des technologies[70]. Cette approche accorde de la valeur à leur opinion et explique les raisons qui sous-tendent les règles[71], ce qui réduit la résistance et les comportements visant à dissimuler leur utilisation[72]. Comme l’explique le Dr Michael Rich, la meilleure approche consiste à « cesser de se percevoir comme un agent de contrôle, surveillant ses enfants dans un bras de fer sur l’utilisation des médias, pour devenir une personne qui soutient leur réussite »[73].Pour y arriver, il faut d’abord reconnaître que la plupart des jeunes ont des sentiments partagés à l’égard des médias numériques en général, et des médias sociaux en particulier[74], qu’ils vivent, dans l’ensemble, une expérience positive, tout en ayant souvent des réserves quant à la place que ces médias occupent dans leur vie.Les enfants plus âgés restent influencés par ce qu’ils voient dans les médias, surtout les nouvelles, et ils risquent de se sentir stressés ou dépassés s’ils n’ont pas l’impression d’en garder le contrôle[75]. Apprenez-leur à reprendre ce contrôle en entraînant leurs algorithmes de recommandation, et encouragez-les à suivre des sources d’information fiables et non sensationnalistes.Il est également important d’aider les jeunes à éviter d’utiliser les médias pour ruminer leurs inquiétudes ou leurs expériences négatives[76], et tout particulièrement pour coruminer avec leurs pairs[77]. Mettre en sourdine ou cesser de suivre les comptes[78] qui suscitent l’inquiétude ou l’anxiété peut les aider[79]. Ils peuvent aussi apprendre à reconnaître les moments où « continuer à discuter d’un problème, avec vous ou avec leurs pairs, ne fait qu’aggraver une blessure émotionnelle »[80].On peut témoigner du respect envers leurs connaissances et leur vécu en leur posant des questions comme :« Qu’est-ce que les adultes ne comprennent pas au sujet des médias? »« Qu’est-ce qui te plaît et te déplaît dans les médias? »« Qu’est-ce qu’on pourrait faire ensemble pour améliorer ça? »Ces questions de réflexion aident les adolescents à développer leur métacognition numérique, soit la capacité d’observer leur propre utilisation des médias et d’en reconnaître les tendances.Il est également essentiel de veiller à ce que les enfants aient accès à des ressources en santé mentale en dehors des médias sociaux. Les jeunes qui disposent déjà d’un soutien émotionnel et social sont plus susceptibles d’utiliser les médias numériques « comme une ressource plutôt que comme un refuge, en prolongeant leurs forces existantes plutôt qu’en compensant des difficultés aiguës ou chroniques »[81]. Cependant, beaucoup se tournent vers les médias sociaux pour obtenir ce soutien[82]. Bien que ceux-ci puissent leur être utiles, ils peuvent également rendre leurs habitudes plus difficiles à modifier lorsque leur utilisation leur nuit d’autres façons.À quel âge donner un téléphone à son enfant?Pour de nombreux parents, il s’agit de l’une des décisions les plus importantes liées aux médias. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est bel et bien une décision qui revient aux parents : les recherches d’HabiloMédias ont révélé que les deux tiers des jeunes ont eu leur premier téléphone parce que leurs parents voulaient qu’ils en aient un, et non parce qu’ils l’avaient demandé[83].Certaines recherches ont révélé qu’obtenir un téléphone intelligent à 12 ans ou avant est associé à des risques accrus de dépression, d’obésité et de sommeil insuffisant. Plus l’enfant est jeune au moment d’obtenir son téléphone, plus ce lien est marqué[84]. D’autres études, en revanche, n’ont trouvé aucun lien entre l’âge auquel les enfants obtiennent un téléphone intelligent et les symptômes dépressifs, les résultats scolaires ou le sommeil[85]. À 13 ans, posséder un téléphone intelligent n’est un facteur de risque de sommeil insuffisant que chez les enfants qui gardent leur téléphone dans leur chambre après l’heure du coucher[86].De façon générale, attendre avant de donner un téléphone intelligent à son enfant semble présenter de nombreux avantages et relativement peu d’inconvénients[87]. Un compromis possible consiste à commencer par un téléphone minimaliste, ou « téléphone bête », qui ne permet que les textos et les appels vocaux. Cette solution peut être utile si vos enfants la perçoivent comme un moyen d’accroître leur indépendance, par exemple, si vous leur permettez de circuler plus librement, de rentrer plus tard, de faire des plans avec des amis par eux-mêmes[88] ou de passer du temps dans la nature. S’ils ont plutôt l’impression que cela réduit leur indépendance ou que vous le leur imposez, il est toutefois peu probable que cette solution présente des avantages[89].Avant de permettre à votre enfant d’avoir un appareil mobile comme un téléphone intelligent, entendez-vous sur un ensemble de règles précisant quand et où il pourra l’utiliser. Vous pouvez utiliser l’outil d’HabiloMédias Lignes directrices familiales sur les nouveaux appareils technologiques pour vous lancer.[1] Brisson-Boivin, K. (2018). Le bien-être numérique des familles canadiennes. HabiloMédias. Ottawa.[2] Neuhaus, R., et O’Connor, E. (2025). The interplay between sensationalism and scientific information framing: Examining the representation of screen time research online and on social media in the United States. Journal of Children and Media, 19(3), 619-633.[3] Chapman, S. (2025, 12 février). What is Good Mental Health in Children and How Do We Promote It? [Communication]. 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  • Problematic Interactive Media Use

    Utilisation problématique des médias interactifs Utilisation excessive d’Internet Penny Mon 17/08/2026 - 11:40 Pour la plupart des jeunes et des adultes, les stratégies présentées dans l’article Adopter de meilleures habitudes technologiques suffiront à favoriser une relation saine avec les appareils à écran. Dans certains cas, toutefois, le problème est plus sérieux. L’utilisation problématique des médias interactifs est définie comme « l’utilisation non contrôlée des médias interactifs sur écran ayant des conséquences négatives sur le fonctionnement d’une personne[1] ». Plus simplement, il s’agit de « l’incapacité à réguler son utilisation des médias interactifs, laquelle nuit à des aspects importants de la vie [des jeunes], notamment le sommeil, l’alimentation, le rendement scolaire, la vie sociale, les relations interpersonnelles [et] la santé mentale[2] ».Le Centre de toxicomanie et de santé mentale recommande d’employer des termes comme « utilisation problématique des médias interactifs » plutôt que « dépendance », afin de réduire la stigmatisation et d’éviter de pathologiser les expériences des enfants[3]. Contrairement à une dépendance, comme l’explique le Dr Michael Rich du Digital Wellness Lab du Boston Children’s Hospital, l’utilisation problématique des médias interactifs « correspond en réalité à une utilisation excessive d’une ressource désormais essentielle L’utilisation se poursuit malgré ses conséquences négatives, mais notre objectif thérapeutique n’est pas l’abstinence : c’est l’autorégulation. Puisque les jeunes ont besoin des médias interactifs pour étudier et rester en contact les uns avec les autres, ils doivent pouvoir continuer à les utiliser, mais de façon encadrée et régulée[4] ». D’autres chercheurs ont également conclu qu’« une déconnexion complète ne constitue pas toujours l’objectif de rétablissement le plus approprié[5] ». En revanche, « lorsque l’on parle de dépendance, non seulement remet-on en question la force de caractère du jeune, mais cette étiquette peut aussi l’amener à se croire impuissant et à céder à l’attrait des médias[6] ».Le Digital Wellness Lab a conçu un outil de dépistage de l’utilisation problématique des médias interactifs qui ne porte pas sur le temps consacré aux médias, mais plutôt sur leurs effets sur le fonctionnement quotidien. Comme l’explique son directeur de la recherche, David Bickham : « Nous essayons vraiment de ne pas présenter la question sous l’angle de la gravité des effets, mais plutôt de demander : “À quoi ressemble ton fonctionnement général dans ce contexte?” »L’outil comporte les questions suivantes :J’ai du mal à me réveiller lorsque je dois aller quelque part ou faire quelque chose.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujours J’arrête d’utiliser les médias sur écran…A) Avant 20 hB) Entre 20 h et 22 hC) Entre 22 h et minuitD) Entre minuit et 2 hE) Après 2 h Je me réveille tôt pour utiliser des médias sur écran.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujours Mes résultats scolaires sont…A) Bien meilleurs qu’avantB) Un peu meilleurs qu’avantC) À peu près les mêmes qu’avantD) Un peu moins bons qu’avantE) Beaucoup moins bons qu’avant Lorsque je fais mes devoirs, j’utilise aussi mon téléphone, mon ordinateur ou un autre appareil à écran pour faire autre chose.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujours Lorsque je suis à la maison avec ma famille, je passe… du temps seul.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujours Je me dispute… avec mes parents ou mes tuteurs au sujet de mon utilisation des médias sur écran.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujours J’ai perdu l’envie de passer du temps en personne avec mes amis ou mes pairs.A) Pas du tout d’accordB) Pas d’accordC) NeutreD) D’accordE) Tout à fait d’accord Comparativement à mes amis ou à mes pairs, j’utilise…les médias sur écran.A) Beaucoup moinsB) Un peu moinsC) AutantD) Un peu plusE) Beaucoup plus Je ne m’intéresse plus aux activités ou aux passe-temps sans écran que j’aimais auparavant.A) Pas du tout d’accordB) Pas d’accordC) NeutreD) D’accordE) Tout à fait d’accord Je préfère utiliser les médias sur écran plutôt que de pratiquer toute autre activité, comme du sport, un passe-temps, de la danse ou une activité manuelle.A) JamaisB) RarementC) ParfoisD) SouventE) Presque toujoursLes jeunes qui n’obtiennent aucune réponse « D » ou « E » sont considérés comme présentant un niveau de préoccupation minimal; une ou plusieurs réponses « D » indiquent un niveau de préoccupation possible; et une ou plusieurs réponses « E » indiquent un niveau de préoccupation important[7].Bien que de nombreuses personnes, y compris des jeunes, se décrivent comme étant « dépendantes » d’un type de média interactif, l’utilisation problématique des médias interactifs semble relativement rare. Par exemple, alors que 18 % des adultes utilisant Instagram se disaient dépendants de l’application, seulement 2 % présentaient des signes de risque de dépendance[8]. De son côté, le Digital Wellness Lab estime qu’environ 5 % des jeunes présentent une utilisation problématique des médias interactifs[9]. Elle est toutefois beaucoup plus fréquente chez les jeunes présentant certains troubles, notamment le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), les troubles anxieux, les troubles du spectre de l’autisme et la dépression. Ainsi, 56 % des jeunes ayant un TDAH présenteraient des signes d’utilisation problématique des médias interactifs. Bien qu’une utilisation excessive des médias puisse aggraver certains de ces troubles, les jeunes concernés peuvent être plus susceptibles d’en faire une utilisation excessive parce que les expériences médiatiques leur permettent de garder le contrôle, d’éprouver un sentiment de maîtrise, de communiquer clairement ou de trouver du soutien : « Il s’agit généralement de troubles préexistants qui étaient auparavant subcliniques, bien compensés ou reconnus, mais insuffisamment traités. En entrant dans l’univers des médias interactifs, les jeunes ont découvert un espace qui leur procurait un sentiment de réconfort et de maîtrise, et vers lequel ils se sont tournés pour se sentir mieux[10]. » Une utilisation problématique des médias interactifs peut également apparaître en réaction à un traumatisme. Les jeunes peuvent alors utiliser les médias pour se distraire ou s’apaiser, chercher des liens ou de la validation, retrouver un sentiment de contrôle ou un environnement prévisible, ou encore s’exposer de nouveau à du contenu stressant[11]. Ce type d’utilisation est aussi associé aux troubles du sommeil dans les deux sens : il entraîne davantage de perturbations du sommeil, lesquelles favorisent à leur tour une utilisation encore plus problématique[12].Heureusement, certaines données indiquent que l’utilisation problématique des médias interactifs et les troubles semblables sont moins susceptibles de persister que d’autres problèmes de santé mentale. Par exemple, les garçons qui présentent des symptômes de trouble du jeu vidéo sur Internet à l’âge de 10 ans ne sont que légèrement plus susceptibles que la moyenne de présenter encore ces symptômes au milieu ou à la fin de l’adolescence[13]. Des études menées auprès d’adultes ayant un trouble du jeu vidéo ont dégagé six « trajectoires de rétablissement » susceptibles de réduire les symptômes ou leurs conséquences :un changement axiologique, lorsque le jeu occupe une place moins importante dans la vie de la personne;un contrôle social, lorsque les relations avec les amis, la famille ou les employeurs réduisent la fréquence du jeu;une régulation progressive, lorsque la personne parvient graduellement à mieux maîtriser son utilisation;une transformation réflexive, lorsqu’un moment ou un événement précis provoque un changement de comportement;le traitement d’un trouble concomitant, lorsque la prise en charge d’un problème associé favorise le rétablissement;une transformation de l’environnement, lorsque des changements dans les conditions de vie, comme un nouvel emploi ou une nouvelle relation, favorisent le rétablissement.Les mêmes chercheurs ont constaté que « les problèmes liés au jeu étaient en grande partie déclenchés par certaines configurations environnementales : des plateformes de jeu précises, des cultures sociales axées sur la compétition et des facteurs de stress situationnels qui renforçaient les fonctions de régulation émotionnelle ou d’évasion que le jeu leur procurait. Le rétablissement passait donc par une transformation de la relation entre le jeu et la vie en général[14]. »Si vous craignez que votre enfant présente une utilisation problématique des médias interactifs, évitez de le braquer. Comme l’explique le Dr Richard Chung, pédiatre et membre du comité sur l’adolescence de l’Académie américaine de pédiatrie : « Plutôt que de dire : “Tu agis vraiment bizarrement ces derniers temps”, commencez par quelque chose de concret : “J’ai remarqué que tu ne viens presque plus souper avec nous, et que tu ne sembles pas avoir faim non plus à d’autres moments de la journée. Je me demande si quelque chose te tracasse en ce moment, au point de ne plus avoir envie des choses que tu aimes d’habitude, même pas mes fameux biscuits à l’avoine." »[15] [1] Pluhar, E., Kavanaugh, J. R., Levinson, J. A., et Rich, M. (2019). Problematic interactive media use in teens: comorbidities, assessment, and treatment. Psychology Research and Behavior Management, 447-455. 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Epidemiology, Risk Factors, and Screening for PIMU. [Communication]. Boston Children’s Hospital. Virtuel.[10] Rich, M. (2026, 4 février). Problematic Interactive Media Use (PIMU): The Next Pandemic or the "Next Normal"? [Communication]. Boston Children’s Hospital. Virtuel.[11] Sinclair-McBride, K. (2026, 4 février). Trauma-informed Approach to Digital Wellness: Hacking Consumerism, Body Image, Substance Use, Hate, Sexuality, & Companion AI. [Communication]. Boston Children’s Hospital. Virtuel.[12] Ren, Z., Lu, H., Ma, X., Min, G., Liu, L., Wu, L., ... et Yu, K. (2026). Longitudinal association between problematic social media use and sleep problems among adolescents: A random intercept cross-lagged panel model and sex differences. Journal of Youth and Adolescence, 55(1), 119-134.[13] Wichstrøm, L., Hygen, B. W., Kuss, D. J., Stavropoulos, V., Skalická, V., Rodríguez-Cano, R., ... et Steinsbekk, S. (2026). 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  • Privacy impacts of advertising and marketing

    L’impact de la publicité et du marketing sur la vie privée Publicité et consommation Vie privée Penny Wed 05/08/2026 - 07:56 L’un des plus vieux adages du marketing va comme suit : « La moitié de l’argent que je dépense en publicité est une perte, mais je ne sais pas laquelle des moitiés[1]. » Il est tout aussi important pour les annonceurs de rejoindre le bon public que de faire une publicité attrayante, et c’est pourquoi ils ont mis au point différents moyens de cibler efficacement leurs publicités. La publicité en ligne permet aux spécialistes du marketing de jumeler différentes publicités avec des utilisateurs individuels. Cette section examine comment ils y parviennent et comment cette méthode affecte la vie privée des enfants. La publicité comportementale ou ciblée utilise un algorithme de tri et de recommandation pour jumeler des publicités avec les consommateurs les plus susceptibles d’y répondre, ce qui signifie que deux personnes qui regardent la même vidéo ou le même site Web peuvent voir des publicités complètement différentes en fonction de leur profil de données. (Cette approche diffère de la publicité contextuelle, qui affiche des publicités fondées sur ce que vous avez fait récemment, comme la vidéo que vous regardez ou encore la recherche que vous venez de faire, et non sur d’autres informations qui vous concernent.)Par exemple, si vous recherchez un produit en ligne, des publicités pour ce produit peuvent apparaître sur vos pages dans les médias sociaux, comme Instagram, parce que des algorithmes ont suivi votre comportement en ligne : Instagram « vous montre des publicités d’entreprises qui sont intéressantes et pertinentes pour vous[2] ». Votre expérience d’Internet est désormais conçue en fonction de vos habitudes et de vos goûts. C’est également le cas des vidéos en ligne sur YouTube : pour qu’elles rapportent de l’argent, elles doivent être monétisées. Il est important que les vidéos et « les publicités qui les accompagnent atteignent non seulement le plus des personnes possible, mais aussi les bonnes personnes[3] ».Les publicités comportementales étant considérées comme plus précisément ciblées que les publicités contextuelles (ou celles qui visent de larges groupes démographiques, psychographiques ou économiques, comme la publicité dans les magazines ou à la télévision), les données utilisées pour cibler les publicités sont considérées comme très profitables. Qu’elles « vendent » ou non des données à des tiers, les publicités ciblées qui utilisent vos renseignements personnels constituent un élément essentiel de la manière dont presque tous les réseaux sociaux, sites de diffusion de vidéos et moteurs de recherche gagnent de l’argent : Alphabet, qui possède Google et YouTube, a tiré plus de 80 % de ses revenus des publicités ciblées en 2020, tandis que Facebook en a tiré plus de 90 %[4].De nombreuses plateformes affirment ne pas cibler les utilisateurs de moins de 18 ans avec des publicités, mais même lorsque ces politiques sont respectées, elles ne fonctionnent pas nécessairement comme prévu : une campagne publicitaire faisant la promotion d’Instagram aurait par exemple pu cibler des adolescents parce qu’ils étaient les plus susceptibles d’être classés comme « inconnus » dans les données démographiques de YouTube[5]. D’autres plateformes se sont révélées ignorer les signaux de refus des utilisateurs : une étude menée en 2026 a montré que Meta ne reconnaissait pas les préférences de refus dans 69 % des cas, tandis que le taux d’échec de Google atteignait 86 %[6].Voici quelques-unes des informations que les annonceurs veulent savoir avant de vous montrer une publicité.Fidélité à la marque : Il s’agit de vos sentiments à l’égard d’une marque. Les personnes qui sont fidèles à une marque en particulier sont plus susceptibles de répondre à une publicité sur cette marque, mais la plupart du temps, elles ne réagiront pas aux publicités pour une marque concurrente : par exemple, ce serait gaspiller de l’argent que de montrer des publicités de Coca-Cola à un fan inconditionnel de Pepsi.Revenu : Il s’agit de l’argent dont vous disposez. Les annonceurs peuvent éviter de gaspiller de l’argent en ne montrant pas des publicités à des personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter le produit, et ainsi présenter des aubaines aux consommateurs soucieux de leur budget.Intention d’achat : Cette information permet de savoir si vous souhaitez ou non acheter ce type de produit dans l’immédiat. Les consommateurs qui ont l’intention d’acheter verront des publicités « agressives » qui mettent l’accent sur les caractéristiques du produit, alors que ceux qui n’ont pas l’intention d’acheter verront des publicités qui « valorisent la marque » et qui leur font connaître la marque ou qui développent en eux des sentiments positifs à l’égard de la marque.Intérêts : Cette information désigne ce qui intéresse le consommateur. Si les annonceurs savent que vous vous intéressez aux jeux vidéo, par exemple, ils vous montreront des publicités sur les jeux vidéo.Lieu : C’est l’endroit où vous vous trouvez. Pour certains annonceurs, comme les restaurants, il est important de ne montrer des publicités qu’aux personnes qui habitent à proximité. D’autres annonceurs peuvent montrer des versions différentes d’une publicité à des personnes situées dans des endroits différents (et présentant des prix dans des devises différentes, par exemple).Personnalité : Il s’agit du type de personne que vous êtes. Les annonceurs peuvent ainsi cibler des personnes en fonction notamment de leur degré d’inquiétude face à différentes choses ou encore de leur goût du risque.La publicité et la collecte de données peuvent également avoir lieu sur la même plateforme : une étude sur les applications de restauration rapide et de restaurants au Canada a révélé que 9 applications sur 10 recueillent des renseignements personnels identifiables auprès des utilisateurs et ne font pas de distinction entre les utilisateurs enfants et adultes[7]. En 2019, Burger King a mené une campagne publicitaire qui utilisait des données de géolocalisation pour offrir aux gens un Whopper gratuit lorsqu’ils se trouvaient à moins de 600 pieds d’un McDonald’s[8]. Les données peuvent même être utilisées pour personnaliser le contenu des publicités : « un client peut voir un Coca‑Cola sur une table alors qu’un autre verra un thé vert, ou encore un client peut voir un sac de croustilles alors qu’un autre voit une barre de céréales, et ce, dans une même scène[9]. »Comment fonctionne la publicité ciblée? Les applications font les choses un peu différemment, mais en général, voici comment elles fonctionnent.Chaque fois que vous ouvrez une page Web affichant des publicités (ou qu’une publicité apparaît dans votre vidéo ou sur un réseau social), la plateforme publicitaire du site ou de l’application envoie un signal indiquant qu’un espace publicitaire est disponible pour une vente aux enchères. Ce signal comprend les données que l’application ou le site Web détient à votre sujet.Les plateformes des annonceurs analysent ces données pour déterminer si elles correspondent à leurs campagnes en cours. (Une troisième plateforme peut parfois intervenir pour jumeler les données incluses dans le signal initial à un profil de données élargi vous concernant.) Vous pouvez être classé dans des catégories générales comme « millénariaux aisés » ou plus spécifiques comme « grands acheteurs de pâtés à la viande réfrigérés ». Ces catégories peuvent également être fondées sur des événements de votre vie (« jeune fiancé »), vos convictions politiques, votre santé, votre profil psychologique et d’autres facteurs encore. Cela présente un risque pour la vie privée et la sécurité, notamment parce que, « même si un seul annonceur remporte l’enchère, tous les participants reçoivent les données. En effet, toute personne se faisant passer pour un acheteur publicitaire peut accéder à un flux de données sensibles sur les milliards de personnes qui utilisent des sites Web ou des applications avec publicités ciblées. » Même lorsque ces données ne sont pas utilisées à mauvais escient, le fonctionnement des enchères en temps réel incite les applications et les sites Web à recueillir et à acquérir toujours plus de données, puisqu’elles leur permettent d’exiger des tarifs plus élevés lors de l’enchère[10].Les annonceurs dont les annonces correspondent à votre profil font des offres pour cet espace publicitaire. Le montant qu’ils sont prêts à payer peut dépendre de la pertinence de cette correspondance entre la publicité et votre profil, ou d’un élément de vos données qui vous fait paraître comme un public plus ou moins inestimable.La publicité qui a fait l’offre la plus élevée est celle qui vous sera présentée.Tout se fait automatiquement, par des algorithmes, et ne prend que quelques millisecondes[11]. Par conséquent, les publicités ciblées risquent fort de « faciliter la discrimination en sélectionnant ou en excluant des publics cibles sur la base de catégories protégées par la loi sur l’équité » : on a constaté que divers réseaux sociaux et moteurs de recherche ont permis à des annonceurs d’exercer de la discrimination contre les femmes, différents groupes ethniques et raciaux, et les personnes non binaires dans des annonces d’emploi[12]. Par exemple, une expérience a révélé que Facebook était plus susceptible de présenter aux utilisateurs noirs des publicités pour des collèges à but lucratif, y compris certains qui avaient été condamnés à une amende ou poursuivis par le département de l’Éducation des États-Unis, tandis que les utilisateurs blancs étaient plus susceptibles de voir des publicités pour des universités publiques[13].Bien que cette approche puisse être intentionnelle, elle peut également être le fait des données indirectes qu’utilisent les algorithmes, en utilisant un intérêt pour le hip-hop ou la pop coréenne comme données indirectes pour la race, par exemple[14]. Certains chercheurs ont constaté que ce type de discrimination algorithmique peut se produire même lorsque les plateformes ont pris des mesures précises pour empêcher les annonceurs de faire de la discrimination[15].Même si le résultat n’est pas discriminatoire, il est souvent inexact. Une étude a montré que la publicité contextuelle présentait aux utilisateurs de moteurs de recherche des publicités plus pertinentes que la publicité ciblée[16]. Les publicités qui s’adressent aux jeunes peuvent être encore moins exactes : selon une autre étude, « un ménage nombreux tend à diminuer l’exactitude de l’identification des caractéristiques correctes des personnes », si bien que les suppositions sur le genre des utilisateurs dans les ménages ayant des enfants n’étaient précises qu’à 37 %, soit nettement moins que le hasard[17]. Certaines personnes du secteur estiment que jusqu’à 80 % des données recueillies seraient inutilisables, faute de pouvoir être associées à suffisamment d’autres données sur les utilisateurs, en particulier des données de géolocalisation[18].Il est également prouvé que les publicités comportementales sont moins utiles aux consommateurs pour trouver de bons produits, en encourageant les annonceurs à vendre (et les consommateurs à acheter) des produits en fonction de l’identité plutôt que la valeur[19].Ces facteurs pourraient expliquer la conclusion voulant que si les deux tiers des personnes sont favorables à la publicité ciblée lorsqu’on leur pose la question pour la première fois, ce chiffre tombe à un tiers seulement lorsqu’on leur montre comment elle fonctionne[20], et une étude a montré que seulement 1 personne sur 1 000 accepterait un suivi fait par des tiers si elle avait le choix[21]. De même, une étude menée auprès de jeunes a révélé que seuls 2 % d’entre eux estimaient que la publicité comportementale était utile, et qu’ils s’inquiétaient particulièrement de la manière dont les jeunes vulnérables pouvaient être ciblés.« Je pense que la publicité ciblée sur des sujets comme les jeux n’est pas dangereuse, mais juste un peu étrange. Par contre, sur certains sujets comme la perte de poids extrême ou les jeux d’argent qui créent une dépendance, elle pourrait poser problème et nuire à l’état d’esprit d’une personne qui pourrait déjà être à risque[22]. »Comme le dit la journaliste technologique Shoshana Wodinsky, « les gens comprennent quand quelque chose ne leur semble pas correct. Ils comprennent que cette entreprise utilise leurs données sans leur autorisation explicite. Ils ne veulent pas qu’elle le fasse. Bon nombre comprennent fondamentalement que c’est ainsi que fonctionne Internet, mais ils n’ont pas les mots pour décrire comment il fonctionne[23]. »Il y a donc des raisons de penser que la publicité comportementale telle qu’elle est pratiquée actuellement peut être contre-productive pour les annonceurs. S’il est prouvé qu’elle est plus rentable pour les éditeurs, la différence est minime, soit environ 4 % selon une estimation[24]. Des recherches ont montré que les consommateurs, lorsqu’ils en apprennent davantage sur la manière dont une plateforme utilise leurs données, deviennent moins réceptifs aux publicités s’ils estiment que ses pratiques en matière de données sont inacceptables, mais plus réceptifs s’ils concluent qu’ils peuvent faire confiance à la plateforme pour ce qui est de leurs données[25].La publicité peut aussi représenter un risque pour la cybersécurité : la publicité malveillante, qui utilise des outils de marketing pour cibler des victimes avec des logiciels malveillants ou des arnaques, représenterait aujourd’hui 40 % de toutes les cyberattaques, et une étude a révélé qu’une publicité sur trois sur les plateformes de Meta relevait de publicité malveillante. Cette technique constitue « une boîte à outils d’ingénierie sociale qui se fond dans ce à quoi les gens font déjà confiance et à quoi ils font déjà attention[26]. » Dans certains cas, les criminels échappent à la détection en diffusant pendant des semaines, voire plus longtemps, des « publicités caméléons » qui semblent légitimes, avant de les remplacer très brièvement par du contenu frauduleux. L’IA, en particulier, a rendu cette menace plus courante, puisqu’elle permet de créer facilement des publicités caméléons dans de nombreuses langues[27]. Selon des documents obtenus par l’agence Reuters, Meta estime elle-même que les publicités frauduleuses représentent 10 % de ses revenus annuels. Les annonceurs ne sont toutefois bannis que si les systèmes de détection de Meta sont certains à au moins 95 % qu’ils sont malveillants, et les systèmes de ciblage publicitaire de l’entreprise font en sorte qu’un utilisateur qui se laisse piéger par une publicité malveillante est plus susceptible d’en voir d’autres[28]. Ce manque de transparence coûte aussi cher aux annonceurs : on estime que la fraude publicitaire représente un cinquième de toutes les dépenses publicitaires dans le monde[29].[1] Citation attribuée à John Wanamaker. Voir https://quoteinvestigator.com/2022/04/11/advertising/. [traduction][2] (sans date). « Comment Instagram sélectionne les publicités qui vous sont présentées ». Pages d’aide (Instagram). Consulté à l’adresse https://www.facebook.com/help/instagram/173081309564229. [traduction][3] Brisson-Boivin, K., et McAleese, S. (2021). Averti aux algorithmes : Les jeunes Canadiens discutent l’intelligence artificielle et la confidentialité. Ottawa : HabiloMédias.[4] Mccann, D. (2021). I-Spy: The billion-dollar business of surveillance advertising to kids. New Economics Foundation. Consulté à l’adresse https://neweconomics.org/uploads/files/i-Spy__NEF.pdf.[5] Morris, S., Murphy, H., et McCarthy, H. (2024). « Google and Meta struck secret ads deal to target teenagers ». The Financial Times.[6] (2026). California Privacy Audit: A Legal Minefield that Puts Users at Risk. California CCPA.[7] Kent, M.P., et autres (2023). Applications mobiles d’entreprises de restauration rapide et de restaurants, et vie privée des enfants : étude exploratoire des mesures prises par les plus importantes entreprises de restauration au Canada pour protéger les données et la vie privée des enfants sur leurs applications. Cœur + AVC. Consulté à l’adresse http://www.coeuretavc.ca/-/media/pdf-files/advocacy/monique-potvin-kent-privacy-report-fr.pdf.[8] Fu, J. (2021). « Junk food ads don’t just harm children’s health – they also infringe on their online privacy ». The Counter. Consulté à l’adresse https://thecounter.org/junk-food-ads-harm-childrens-health-online-privacy-social-media-coca-cola/.[9] Kort, K. (2020). « How OTT Services Are Looking to Further Capitalize on Product Placement ». Triplelift. Consulté à l’adresse https://triplelift.com/blog/how-ott-services-are-looking-to-further-capitalize-on-product-placement/. [traduction][10] Cohen, L. (2025). « Online Behavioral Ads Fuel the Surveillance Industry—Here's How ». Electronic Frontier Foundation. [traduction][11] Keegan, J., et Eastwood J. (2023). « From “Heavy Purchasers” of Pregnancy Tests to the Depression-Prone: We Found 650,000 Ways Advertisers Label You ». The Markup. Consulté à l’adresse https://themarkup.org/privacy/2023/06/08/from-heavy-purchasers-of-pregnancy-tests-to-the-depression-prone-we-found-650000-ways-advertisers-label-you.[12] Armitage, C., et autres (2023). Towards a more transparent, balanced and sustainable digital advertising ecosystem: Study on the impact of recent developments in digital advertising on privacy, publishers and advertisers. Commission européenne. [traduction][13] Biddle, S. (2024). « One Facebook Ad Promotes a For-Profit College; Another a State School. Which Ad Do Black Users See? ». The Intercept.[14] Keegan, J. (2021). « Facebook Got Rid of Racial Ad Categories. Or Did It? » The Markup. Consulté à l’adresse https://themarkup.org/citizen-browser/2021/07/09/facebook-got-rid-of-racial-ad-categories-or-did-it.[15] Speicher, T., Ali, M., Venkatadri, G., Ribeiro, F.N., Arvanitakis, G., Benevenuto, F., Mislove, A., et autres (Janvier 2018). Potential for discrimination in online targeted advertising. Dans Conference on fairness, accountability and transparency (p. 5-19). PMLR.[16] Mustri, E.A.S., Adjerid, I., et Acquisti, A. (2022). Behavioral advertising and consumer welfare: An empirical investigation. Rapport technique, Université Carnegie Mellon.[17] Neumann, N., Tucker, C.E., et Whitfield, T. (2019). « Frontiers: How effective is third-party consumer profiling? Evidence from field studies ». Marketing Science, 38(6), 918-926. [traduction][18] Untersinger, M. (2026). « Comment nos données publicitaires alimentent l’industrie de la surveillance ». Le Monde.[19] Summers, C.A., Smith, R.W., et Reczek, R.W. (2016). « An audience of one: Behaviorally targeted ads as implied social labels ». Journal of Consumer Research, 43(1), 156-178.[20] Worledge, M., et Bamford M. (21 mars 2019). Adtech – Market Research Report. Consulté à l’adresse https://www.ofcom.org.uk/__data/assets/pdf_file/0023/141683/ico-adtech-research.pdf.[21] HERE Technologies (2018). « Privacy and location data: Global consumer survey ». Consulté à l’adresse https://www.here.com/sites/g/files/odxslz256/files/2019-02/HERE%20Technologies%20Privacy%20and%20Location%20Data%20Global%20Consumer%20Study%20March%202018%20-%20Reviewed.pdf.[22] Williams, D., McIntosh, A., et Farthing, R. (2021). « Profiling Children for Advertising: Facebook’s Monetisation of Young People’s Personal Data ». Reset Australia. Consulté à l’adresse https://au.reset.tech/news/profiling-children-for-advertising-facebooks-monetisation-of-young-peoples-personal-data/. [traduction][23] Citée dans Warzel, C. (2021). « The internet’s Original Sin ». Galaxy Brain. Consulté à l’adresse https://warzel.substack.com/p/the-internets-original-sin. [traduction][24] Marotta, V., Abhishek, V., et Acquisti, A. (2019). « Online tracking and publishers’ revenues: An empirical analysis ». Dans Workshop on the Economics of Information Security.[25] Kim, T., Barasz, K., et John, L.K. (2019). « Why am I seeing this ad? The effect of ad transparency on ad effectiveness ». Journal of Consumer Research, 45(5), 906-932.[26] Corrons, L., et al. (2026). The Scam Ad Machine. Gen Digital. [traduction][27] (2026). World of Scams: The Fraud Problem at the Heart of Online Advertising. Canadian Anti-Monopoly Project.[28] Horwitz, J. (2025). « Meta is earning a fortune on a deluge of fraudulent ads, documents show ». Reuters.[29] Kessler, B. (2026). « Online ad fraud is a feature, not a bug ». The GIST.

  • Breaking the Cycle of Youth Cyberbullying

    Briser le cycle de la cyberintimidation chez les jeunes Penny Fri 03/07/2026 - 08:41 Le projet de recherche interventionnelle quadriennal Briser le cycle de la cyberintimidation chez les jeunes conçu et élaboré par HabiloMédias permettra d’élaborer, de mettre à l’essai, d’adapter et de diffuser un programme de prévention de la cyberintimidation, respectueux des différences culturelles et fondé sur des données probantes, destiné aux jeunes de 12 à 17 ans dans les milieux éducatifs et communautaires partout au Canada. Le programme Briser le cycle de la cyberintimidation chez les jeunes permet d’aborder la lutte contre le cyberharcèlement et la violence en ligne grâce à une approche à l’échelle scolaire, à l’apprentissage en classe, à des programmes communautaires et à un soutien ciblé à l’intention des jeunes davantage exposés à la violence. Fondé sur l’éducation aux médias numériques et s’appuyant sur les perspectives des jeunes, le projet cherche à remettre en question les normes sociales qui amènent certaines personnes à penser que la cyberintimidation est acceptable, tout en permettant aux jeunes de développer des compétences en matière de régulation émotionnelle, de résolution de conflits et d’engagement positif en ligne. Dans ce rapport, nous détaillons la méthodologie et les résultats d’une évaluation des besoins menée en mars et avril 2026. Les conclusions de cette étude orienteront directement l’élaboration du programme Briser le cycle et contribueront à la mise en œuvre d’approches fondées sur des données probantes pour soutenir les jeunes, les familles, les éducateurs et les intervenants communautaires.  Rapport complet Document Briser le cycle de la cyberintimidation chez les jueunes - rapport d'évaluation des besoins

  • How to Train Your Algorithm

    Comment entraîner votre algorithme Plan de leçon Categories Intelligence artificielle Internet et communication mobile Vie privée Julia Thu 16/07/2026 - 10:15 Années scolaire : 9e à 12e annéeAu sujet de l’auteur : Matthew Johnson, Directeur de l’éducation, HabiloMédias Cette leçon fait partie de Utiliser, comprendre et mobiliser : Un cadre de littératie média numérique pour les écoles canadiennes.AperçuDans cette leçon, les élèves découvriront les algorithmes et leur fonctionnement, en particulier les algorithmes de recommandation utilisés par des applications populaires comme YouTube, TikTok, Instagram et Netflix. Les étudiants explorent le rôle des objectifs d’optimisation tels que le temps de visionnement, l’engagement et l’utilisation active quotidienne dans la définition du contenu que les algorithmes priorisent. Grâce à des activités telles que le « red teaming », les étudiants analyseront de manière critique les inconvénients et les biais potentiels de ces objectifs d’optimisation. Les étudiants découvriront également comment former des algorithmes en fournissant à la fois des entrées explicites par le biais d’actions comme aimer et partager, et comprendront les implications des entrées implicites recueillies à partir de leur activité en ligne. Finalement, les étudiants conçoivent leur propre algorithme pour une application de leur choix, en identifiant les objectifs pour lesquels il doit être optimisé et la manière dont ils doivent être pondérés ainsi que les entrées qu’il doit utiliser.Résultats d’apprentissageGrandes idées/concepts clés : Les élèves comprendront que…Les médias sont des constructions :Les algorithmes sont conçus et optimisés dans un but précisLes médias ont des répercussions sociales et politiques :Les algorithmes de recommandation peuvent avoir des répercussions négatives sur les gens et la société en raison de leurs objectifs d’optimisationLes médias ont des répercussions commerciales :La conception et l’optimisation des algorithmes servent à des fins commerciales telles que la maximisation du temps de visionnement et de l’engagementLes médias numériques ont des publics inattendus :De nombreuses applications, sites Web et autres outils numériques recueillent des informations pendant que vous les utilisez pour les utiliser comme entrées pour leurs algorithmes.Les expériences des médias numériques sont façonnées par les outils que nous utilisons :La façon dont les algorithmes sont conçus et optimisés influence la façon dont nous utilisons une application ou un outilIl est possible de « former » consciemment des algorithmes pour influencer le contenu qu’ils diffusentQuestions clés :Comment fonctionnent les algorithmes?Quelles sont certaines des implications de leur fonctionnement?Comment pouvons-nous les utiliser de manière plus consciente et plus attentive?Connaissances essentielles : Les étudiants sauront…Lecture des médias : Fonctionnement des algorithmes de recommandation, y compris les objectifs d’optimisation et les entrées explicites et implicitesSensibilisation des consommateurs : Objectifs commerciaux des objectifs d’optimisation des algorithmesConfidentialité et sécurité : Collecte de données personnelles à utiliser comme données implicitesTâches de rendement : Les étudiants seront capables de…Accès : Rechercher et utiliser les paramètres de confidentialitéUtilisation : rafraîchir et personnaliser l’algorithme de recommandation d’une applicationComprendre : analyser les implications et les impacts potentiels des algorithmes, leurs objectifs d’optimisation et leurs entréesS’engager : identifier les dangers potentiels des algorithmes de recommandation, prendre des mesures pour utiliser les algorithmes de manière plus consciente et concevoir un algorithme qui atténuerait ces dangersRésultats adaptés aux étudiants :Nous apprendrons comment fonctionnent les algorithmes et les systèmes de recommandation, quels sont leurs objectifs d’optimisation, et nous découvrirons des termes clés tels que « algorithme », « objectif d’optimisation » et « entrée implicite ».Nous réfléchirons à l’impact social, politique et commercial des algorithmes, à la manière dont ils collectent et utilisent nos données, et à la manière dont nous pouvons les utiliser de manière plus réfléchie.Nous trouverons et utiliserons les paramètres de confidentialité, personnaliserons les recommandations des applications, analyserons les effets des algorithmes et concevrons des moyens de réduire les dommages potentiels causés par les systèmes de recommandation.Vous pouvez imprimer l’activité et les documents d’accompagnement réunis dans un fichier PDF. Fichier PDF Document Comment entraîner votre algorithme

  • Defeating Distraction

    Vaincre la distraction Plan de leçon Categories Santé numérique Utilisation excessive d’Internet Internet et communication mobile Julia Wed 15/07/2026 - 11:03 Années scolaire : 9e à 12e annéeAu sujet de l’auteur : Matthew Johnson, Directeur de l’éducation, HabiloMédiasCette leçon fait partie de Utiliser, comprendre et mobiliser : Un cadre de littératie média numérique pour les écoles canadiennes.AperçuDans cette leçon, les élèves apprennent à gérer les distractions lorsqu’ils utilisent des outils multimédias numériques et s’entraînent à éviter la « boucle téléphonique ». Les élèves découvrent la « boucle téléphonique » et des stratégies simples pour l’éviter à partir d’une vidéo, puis classent ces stratégies en fonction de l’utilité qu’elles leur apporteront dans leur propre vie. Ils réfléchissent ensuite à différentes choses qu’ils font avec leur téléphone, les classent en celles qui ont un but évident (comme vérifier la météo) et celles qui n’en ont pas. Les élèves essaient un certain nombre d’exercices différents conçus pour les aider à utiliser leurs appareils de manière plus consciente, puis écrivent une réflexion sur l’activité. Ils identifient ensuite les façons dont les caractéristiques de conception des applications et des appareils peuvent faire qu’il soit facile de perdre la trace du temps que nous passons à les utiliser, puis réfléchissent à des façons dont ils peuvent modifier ces fonctionnalités ou leurs propres habitudes pour promouvoir une utilisation plus consciente. Enfin, les élèves conçoivent des « prototypes papier » qui montrent comment ils modifieraient une application pour encourager de meilleures habitudes et une utilisation plus consciente.Résultats d’apprentissageGrandes idées/concepts clés : Les élèves comprendront que…Les médias numériques ont un réel impact :La façon dont nous utilisons les outils multimédias numériques affecte nous-mêmes et les autres, y compris notre santé physique et mentale.Les expériences des médias numériques sont façonnées par les outils que nous utilisons :Les fonctionnalités et les paramètres par défaut des outils numériques influencent la manière dont nous les utilisons, y compris si cette utilisation est saineRéfléchir à cette influence peut nous aider à utiliser les outils de manière plus conscienteQuestions clés :Comment la conception des téléphones et des applications nous fait-elle passer plus de temps à les utiliser que nous le souhaitons?Comment pourrions-nous modifier cette conception si nous le pouvions?Comment pouvons-nous les utiliser comme si ces changements avaient été apportés?Connaissances essentielles : Les étudiants sauront…Lecture multimédia : impact des différentes fonctionnalités et valeurs par défaut, telles que la lecture automatiqueSanté des médias : Stratégies pour une utilisation réfléchie des outils numériques Vocabulaire clé : capacité de payer, lecture automatique, défaut, habitude, « boucle téléphonique »Tâches de performance : Les élèves seront capables de…Comprendre et analyser comment les affordances et les défauts influencent la façon dont nous utilisons les outils numériquesDévelopper et appliquer des stratégies pour une utilisation consciente et saine des outils numériquesIdentifier comment les changements apportés aux caractéristiques de conception pourraient favoriser une utilisation plus saineRéfléchissons au rôle que jouent les outils numériques dans nos viesRésultats adaptés aux étudiants :Nous apprendrons comment les fonctionnalités et les paramètres par défaut des outils numériques, tels que la lecture automatique, peuvent avoir un impact sur notre santé physique et mentale, et nous découvrirons des stratégies pour utiliser ces outils de manière plus réfléchie.Nous réfléchirons à la manière dont la conception des téléphones et des applications peut nous amener à passer plus de temps que nous le souhaitons sur ces appareils, et nous examinerons les changements qui pourraient rendre leur utilisation plus saine.Nous analyserons comment les outils numériques influencent nos habitudes, développerons des stratégies pour une utilisation plus saine, suggérerons des améliorations de conception et réfléchirons à l’impact des médias numériques sur nos vies.Vous pouvez imprimer l’activité et les documents d’accompagnement réunis dans un fichier PDF. Fichier PDF Document Vaincre la distraction

  • Learning with AI

    Apprendre avec l’IA Plan de leçon Categories Intelligence artificielle Julia Tue 18/08/2026 - 13:16 Années scolaires : de la 4e à la 6eannéeAu sujet de l’auteur : Matthew Johnson, Directeur de l’éducation, HabiloMédiasDurée : de 2 h à 2 h 20Cette leçon fait partie de Utiliser, comprendre et mobiliser : Un cadre de littératie média numérique pour les écoles canadiennes.AperçuDans cette leçon, les élèves de la 4e à la 6e année explorent les capacités et les limites de l’intelligence artificielle. Ils apprennent à vérifier les réponses produites par l’IA à l’aide de moteurs de recherche et de sources fiables, tout en collaborant à la création d’un modèle qui explique le fonctionnement réel des outils d’IA. Ils évaluent les enjeux éthiques liés à différentes utilisations de l’IA et établissent un ensemble de règles pour l’utiliser de manière responsable dans le cadre de leurs apprentissages. Enfin, les élèves conçoivent une représentation visuelle de la « boucle d’apprentissage » illustrant les rôles distincts des humains et de l’IA, afin de renforcer l’idée selon laquelle l’élève doit rester « aux commandes » de la machine.Résultats d’apprentissageConnaissances essentielles : les élèves apprendront…Lire les médias : les composantes précises d'un système d'IA, y compris les éléments (l'ordinateur, la requête, la réponse), les personnes (l'utilisateur, les développeurs et les experts qui ont fourni les données d'entraînement) et les interactions entre elles.Trouver et vérifier : les outils d'IA peuvent générer de l'information convaincante, mais fausse; les affirmations de l'IA doivent être vérifiées à partir de sources externes fiables.Éthique et empathie : la différence entre les utilisations éthiques et non éthiques de l'IA en contexte scolaire, par exemple la distinction entre utiliser l'IA pour obtenir une rétroaction sur la clarté d'un texte et demander à l'IA de rédiger un devoir à leur place.Créer et remixer : les meilleures pratiques pour utiliser l'IA comme outil d'apprentissage.Concepts clés et grandes idées : les élèves comprendront que…Les médias sont des constructions : l'IA est une machine, pas un « cerveau »; elle choisit des réponses en s'appuyant sur une quantité massive de données fournies par des humains plutôt que de « penser » au sens humain du terme. Les médias ont des implications sociales et politiques : l'utilisation de l'IA a des conséquences réelles sur leur propre apprentissage et ils doivent s'assurer qu'elle est utilisée de façon sécuritaire et efficace. Les expériences avec les médias numériques sont façonnées par les outils que nous utilisons : la façon dont nous utilisons les outils d'IA est influencée par leur conception, mais nous pouvons choisir de les utiliser d'une manière que nous contrôlons.Exercices d’évaluation : les élèves seront capables de…Utiliser : vérifier des affirmations générées par l'IA à l'aide de moteurs de recherche et de la stratégie de « lecture d'accompagnement »; utiliser l'IA efficacement comme partenaire d'apprentissage pour tester leur compréhension d'un concept ou d'un processus. Comprendre : créer un modèle du fonctionnement de l'IA et de la façon de l'utiliser de manière éthique et efficace. Mobiliser : débattre de l'éthique de différentes utilisations de l'IA et élaborer des règles pour guider leurs futures interactions avec les outils d'IA.Résultats formulés pour les élèves :Nous apprendrons comment fonctionne l’IA et comment bien l’utiliser comme partenaire d’apprentissage.Nous réfléchirons aux bonnes et aux mauvaises façons d'utiliser l'IA, ainsi qu'aux bons et aux mauvais moments pour le faire. Nous utiliserons l’IA pour nous aider à comprendre certaines notions et pour montrer ce que nous avons appris sur son fonctionnement.Vous pouvez imprimer l’activité et les documents d’accompagnement réunis dans un fichier PDF. Fichier PDF Document Apprendre avec l’IA

  • Sponsor MediaSmarts’ Digital Media Literacy Awards

    Sponsor MediaSmarts’ Digital Media Literacy Awards (fr) Penny Fri 12/06/2026 - 10:42 À proposPartagez votre histoireSoutenez notre travailNotre histoirePrix de l’éducation aux médias numériquesCommandites Commanditez les Prix de l'éducation aux médias numériques d’HabiloMédias En 2026, HabiloMédias marque 30 ans au service de l'éducation aux médias numériques au Canada et lance la première édition des Prix de l'éducation aux médias numériques, qui seront décernés lors de son événement anniversaire. Cette soirée spéciale, qui se tiendra à Ottawa le 28 octobre 2026 dans le cadre de la Semaine éducation médias, sera l'occasion de célébrer ces trois décennies de travail. C'est dans ce cadre que nous aurons l'honneur de remettre le Prix du champion de l'éducation aux médias numériques à Cameron Bailey, PDG du TIFF et du Festival international du film de Toronto. La remise du prix sera suivie d'une causerie sur l'importance de la littératie médiatique au Canada.  La soirée mettra également à l'honneur les premiers récipiendaires du Prix du jeune leader et du Prix de l'éducateur de l'année, qui reconnaissent la prochaine génération de défenseurs de l’éducation aux médias numériques ainsi que les éducateurs qui les inspirent. Pourquoi devenir commanditaire? Alors que les Canadiens sont confrontés à des défis comme les contenus générés par l’IA, les hypertrucages, la haine en ligne, la désinformation et l’influence des algorithmes, le besoin d’une éducation aux médias numériques fiable et accessible ne cesse de croître. En commanditant les Prix de l'éducation aux médias numériques, votre organisation : soutiendra un avenir numérique plus sain et inclusif au Canada; s'associera à HabiloMédias, un leader reconnu en matière d'éducation aux médias numériques; établira des liens avec des décideurs politiques, des éducateurs, des leaders de l'industrie et des partenaires communautaires  contribuera à faire avancer les discussions importantes sur la citoyenneté numérique et la sécurité en ligne; et affirmera son engagement concret envers les jeunes et les initiatives éducatives. Célébrez avec nous! Cet événement anniversaire réunira partenaires, anciens collaborateurs, membres du conseil d'administration, décideurs politiques, éducateurs, leaders de l'industrie et partenaires communautaires pour une soirée de célébration, de reconnaissance et d'échanges. Accessible sur invitation seulement, il sera marqué par des remises de prix honorant les récipiendaires de cette année, des occasions de réseautage, des possibilités de visibilité pour les commanditaires et bien plus encore! La portée des prix s'étendra également au-delà de l'événement grâce à une promotion nationale et continue sur les réseaux et les médias sociaux d'HabiloMédias. Devenez partenaire! Nous invitons les partenaires corporatifs et les organisations qui partagent notre engagement envers l'éducation aux médias numériques et la participation civique à prendre part à cet événement inaugural. Pour en savoir plus sur les possibilités de commandite, écrivez-nous à l'adresse partnerships@mediasmarts.ca.